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Des mondes de musiques

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Dan ar Braz

Ouverture magistrale du 95ème Festival de Cornouaille

Texte et photos : Dominique Le Guichaoua

Le festival «Cornouaille-Kemper» est ce mille-feuilles renfermant quantité de propositions musicales, théâtrales, liées à l’artisanat d’art, voire à la gastronomie, à l’économie locale… où chacun peut y trouver «SA» Bretagne ! Des têtes d’affiches très commentées émergent d’un riche programme mais ne sauraient à elles seules représenter l’essence même du plus ancien des festivals bretons.

Première stature, et non des moindres, le quimpérois Dan ar Braz a joué à domicile et débuté son concert en toute intimité au bord du quai, égrenant, comme dans le salon familial lorsqu’il était ado, des extraits de chansons d’artistes emblématiques (Elvis, Johnny Hallyday, Gloria Lasso, Johnny Cash, Les Chaussettes noires, les Chats sauvages, Bob Dylan, Donovan, Paul Mac Cartney…) dont les tubes l’on propulsés sur sa propre route. Un premier chapitre à vocation quasi pédagogique, ponctué d’histoires familiales et de souvenirs de tournées harassantes, qui a permis aux spectateurs qui l’ignoraient encore, de comprendre par le menu «le style Dan ar Braz».

Le plateau s’éclaire et le guitariste rejoint son trio du moment, le talentueux David Er Port et le sorcier de l’harmonie, Jacques Pellen pour des mélodies simples mais très habitées comme «Rue du Hent Glaz», extraite du magnifique «Musiques pour les silences à venir». Dan ne fait évidemment pas l’impasse sur «Allez dire à la ville» illustrant sa pensée quasi fusionnelle avec le poète Xavier Grall.

C’est une soirée très amicale qu’a préparé l’artiste pour son concert quimpérois ; une réunion de famille presque ! La chanteuse Clarisse Lavanant, auteur de plusieurs textes qu’elle interprète seule, en duo et de plus en plus en breton, ouvre le bal avant l’arrivée du truculent gallois Mickael Jones, lequel en «good entertainer» évolue dans le show entre folk-rock musclé et chanson de Jean-Jacques Goldman.

«Il y en a pour tous les goûts !», martèle Dan qui n’en n’a pas terminé avec les surprises car le guitariste s’est offert cette fois encore un orchestre «High level» constitué de sa base habituelle : Patrick Péron (claviers), Ronan Le Bars (pipes), Patrick Boileau (batterie), Yannick Hardouin (basse) mais aussi de belles individualités, l’anglais Dave Pegg (mandoline) membre charismatique de Fairport Convention, le sonneur Mikaël Cozien, auquel Dan ar Braz rend hommage en le citant parmi tous ceux qui l’on aidé ponctuellement dans la logistique musicale de ses concerts.

Last but not least, le «Bombard summit» composé d’André Le Meut, Roland Becker et Jean-Louis Hénaff a ponctué la dernière partie du concert de façon magistrale. Du très haut niveau que Dan ar Braz a tenu à associer au talent naissant d’une poignée de jeunes pipers déjà expérimentés, sous la conduite d’un éminent pédagogue, le sonneur Jean-Yves Magré. Avec beaucoup de générosité le guitariste offre, en fin de parcours, un bouquet final de titres particulièrement dansants de ses albums les plus emblématiques: «Douar nevez», «Border of salt». Au passage, il extrait de ses tiroirs des morceaux à risque un peu oubliés comme l’exigeant «Menez Du», affronté sans filet. Bien sûr Dan ne manque pas de rendre hommage à Alan Stivell. Tous deux ont écrit l’histoire de la musique bretonne moderne et généré, comme ce grand concert de juillet l’a rappelé, une telle vague, qu’elle offre aujourd’hui encore beaucoup de force et d’espace pour y surfer, chacun dans sa posture, chacun avec son inspiration. Si au long de la soirée, il a été plusieurs fois question de départ, de tristesse et d’hommages jusqu’à la montée des larmes, au terme d’un concert de 2h30, le flot des quelques deux mille âmes présentes au concert s’est dispersé, le cœur rassasié d’entêtantes et uniques mélodies. Stand up for Dan please !