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Des mondes de musiques

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Entre Dieu et l’argent…

Etienne Bours (photo ouverture : Holly Near)

En ces temps décidément compliqués, douloureux, il me vient la simple envie de partager deux chansons qui, si elles ne sont pas récentes, n’en sont pas moins d’une actualité brûlante.

 

Elles figurent toutes deux sur un album de Roy Bailey (Sit down & sing). Ce chanteur anglais nous a quitté en 2018, il faisait partie de ces chantres importants de la scène folk anglaise, aux côtés de Leon Rosselson, Dave Burland, Martin Carthy, Ewan MacColl, Nic Jones, Pete Coe, Tony Rose, Johnny Handle, Martin Simpson et tant d’autres… Il a eu à son actif de très nombreux concerts et beaucoup d’excellents disques. Son répertoire, comme celui de ses comparses, était partagé entre les influences des ballades traditionnelles et les compositions venant d’horizons divers. Mais chaque chanson sélectionnée était pertinente. Roy Bailey ne chantait pas uniquement pour le plaisir, il chantait pour communiquer sur mille sujets. Ses comparses musiciens sont tous membres prestigieux de cette fameuse scène anglaise : Martin Carthy, John Kirkpatrick, Martin Simpson, Andy Cutting, Chris Coe, John Tams, Sue Harris, Chris Leslie… et j’en passe bien entendu mais il ne faut pas oublier sa propre famille toujours prête à lui prêter des secondes voix. Dans les années 60, Carthy, Rosselson et Bailey ont fait partie du groupe The three city four, avec Ralph Trainer et Marian Mckenzie.

Sur son disque Sit down & sing, réécouté dernièrement, j’ai eu le plaisir de redécouvrir la chanson I ain’t afraid :

« I ain't afraid of your Yahweh
I ain't afraid of your Allah
I ain't afraid of your Jesus
I'm afraid of what you do in the name of your God

I ain't afraid of your churches
I ain't afraid of your temples
I ain't afraid of your praying
I'm afraid of what you do in the name of your God

Rise up to your higher power
Free up from fear, it will devour you
Watch out for the ego of the hour
The ones who say they know it
Are the ones who will impose it on you…”

 

« Je n'ai pas peur de votre Yahvé
Je n'ai pas peur de votre Allah
Je n'ai pas peur de votre Jésus
J'ai peur de ce que vous faites au nom de votre Dieu

Je n'ai pas peur de vos églises
Je n'ai pas peur de vos temples
Je n'ai pas peur de vos prières
J'ai peur de ce que vous faites au nom de votre Dieu

Elevez-vous à votre plus haut niveau
Débarrassez-vous de la peur, ça va vous dévorer
Attention aux egos du moment
Ceux qui disent savoir
Sont ceux qui vont vous forcer... »

Cette chanson fut composée par Holly Near, chanteuse américaine, actrice, activiste que l’on a pu entendre, évidemment, dans le sillage de Pete Seeger, Phil Ochs, Bernice Johnson Reagon, Ronnie Gilbert, Joan Baez, Jackson Browne, Harry Belafonte… Elle fut active sur plus d’un front aux États-Unis, depuis les droits civiques jusqu’aux causes féministes.

C’est elle qui écrivit cette chanson à la fois très simple, très directe et redoutablement efficace dans cette économie de mots et de redondances. Une chanson qui fut reprise magistralement par un des grands groupes klezmer de New York : the Klezmatics, avec une partie des paroles en yiddish. Version plus qu’emblématique, évidemment, plus que rassurante assurément !

Et donc, en Angleterre, c’est ce cher Roy Bailey qui reprit cet hymne à la tolérance.

Sur le même disque se trouve une autre chanson dont j’ai découvert récemment une autre version, sur le dernier CD de Martin Simpson. Lequel est le gendre de Roy Bailey. More than enough est une chanson écrite par le chanteur anglais Robb Johnson. Totalement inconnu en France, Johnson a écrit de très nombreuses chansons dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont toutes engagées. Lui-même les chante mais beaucoup d’interprètes lui rendent justice en chantant d’ailleurs bien souvent mieux que lui.

« There’s always the money for missiles and tanks

There’s always the money for generals and banks

There’s always the money for new ways to kill

But a limited budget for you if you’re ill

Yes there’s always enough for a war

But there’s never enough for the poor

…”

"Il y a toujours de l'argent pour les missiles et les chars

Il y a toujours de l'argent pour les généraux et les banques

Il y a toujours de l'argent pour de nouvelles façons de tuer

Mais un budget limité pour vous si vous êtes malade

Oui, il y a toujours assez pour une guerre

Mais il n'y a jamais assez pour les pauvres

…”

Cette chanson que Martin Simpson interprète avec son talent habituel est donc également présente sur le disque de Roy Bailley. Une fois de plus : simplicité et efficacité sont au rendez-vous. Je crois que le personnel hospitalier ne contredirait pas ce constat !

Deux chansons, tout un monde : le nôtre aujourd’hui même !