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Des mondes de musiques

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Ethnotest

Les affres du collecteur

Epistémologix

- Et la Boulangère, monsieur, comment est-ce que cela se dansait ?

- Ah, la Boulangère, c’était par deux. En couple.

- Il suffisait d’un couple, pour ...

- Eh oui, chacun avec sa chacune.

- Plusieurs couples, alors ?

- Voilà !

 

 - Et ces couples se disposent comment ?

- Comme ils veulent, les uns avec les autres.

- En cortège ?

- Oui, et puis tout le monde se donne la main.

- Entre partenaires ?

- Voilà, c’est ça. Et puis avec les autres.

- Ah bon ! en ronde, alors ?

- C’est ça, en ronde.

- Et il fallait être combien, pour danser la Boulangère ?

- Autant qu’on voulait. A quatre, à huit, comme on veut.

- A quatre, c’est à dire deux hommes et deux femmes ?

- Oui, ou alors quatre.
- Quatre hommes et quatre femmes ?

- Oui, pourvu qu’on soit huit.

- Mais vous m’avez dit « autant qu’on veut » ..

- Eh oui, autant qu’on veut, pourvu qu’on soit huit. Ou alors moins, ça dépendait du nombre.

- Je vois. Bon, et alors, comment se déroulait la danse ?

- Eh bien, tous ensemble. On suivait la musique.

- Et chacun faisait ce qu’il voulait ?

- Voilà, c’est ça. Mais il fallait connaître, hein !

- Oui, parce qu’il y avait quand même un pas ?

- Eh bien oui, le pas de la danse, quoi.

- Et tout le monde faisait le même ?

- Eh oui, sans ça, ça n’allait pas, hein !

- Mais est-ce qu’on pouvait faire autre chose que ce pas là ?

- Eh bien, pardi, celui qui voulait, il faisait comme il l’entendait.

- Donc, autre chose ?

- Pardi !

- Bon. Et les figures de la danse, c’était quoi ? Qu’est-ce qu’on faisait avec les autres ?

- On dansait, on suivait la musique.

- Mais est-ce qu’on changeait de partenaire, est-ce qu’on se croisait, qu’est-ce qu’on faisait ?

- On chahutait, on s’amusait, quoi. En ce temps là, on était plus gai, on savait s’amuser. C’est pas comme maintenant ...

- C’est sûr ! Mais est-ce que tout le monde faisait la même chose en même temps ?

- Ah ben non ! Celui qui était berger, il gardait les moutons, celui qui était métayer, il ...

- Non, je veux dire dans la danse, là, dans la Boulangère ?

- Ah là, il fallait suivre, hein ! Quand on jouait la Boulangère, il fallait danser la Boulangère. Celui qui n’avait pas d’oreille ...

- L’air, c’était comment ?

- Comme ça (il chante)

- Je vous le rechante, dites moi si je me trompe (il rechante)

- Oh, ben, chacun chante bien comme il veut ..

- Mais on pouvait le chanter comme ça ?

- C’est-à-dire que celui qui voulait chanter, il chantait. Voilà. Mais tout ça, c’est fini.

- Oui. Mais alors, comment se passait la danse ? On commençait par tourner en rond ?

- On tournait, et puis on se lâchait, on prenait l’autre, et lui aussi, pareil, et après on changeait, chacun son tour, quoi.

- On ne se croisait pas ?

- Ah si, les hommes croisaient, et puis après, les filles.

- Les hommes d’abord ?

- Les hommes d’abord . Et puis après, les filles.
- Mais alors, les hommes croisaient qui ?

- Ben, les filles.

- Et les filles, qu’est-ce qu’elles font pendant que les hommes les croisent ?

- Ben, elles croisent les hommes.

- Donc, en même temps ?

- Oui, en même temps. Et puis après, on change, toujours pareil jusqu'à la fin. Y en avait un, là, Péliou, qu’on l’appelait, celui là avait le coup ! Allez hop, il disait, la Boulangère ! Et alors, fallait faire la Boulangère, hein ! Celui qui savait pas, il faisait pas. Mais ça vous intéresse, tout ça ?

- Mais oui, beaucoup !

- Ah bon ! Et qu’est-ce que vous allez faire avec tout ça ? Gagner de l’argent ?

- Non, c’est juste pour apprendre la danse, pour savoir comment c’était. Et puis pour la redanser après, comme autrefois.

- Ah, mais tout ça, c’est fini. Maintenant, ils font ... chose, là, les jeunes, ils gigotent. Vous seriez venu il y a seulement deux ans, au goûter des vieux, là, il y en a encore qui ont dansé. Il y avait Duluc, il est mort l’an dernier, celui là, c’était un danseur, hein ! Péliou, qu’on l’appelait. Vous auriez vu ça ! Allez, qu’il disait, hop, la Boulangère ! Et c’était parti pour la Boulangère ! Mais il fallait savoir, hein ! Celui qui savait pas ...

- Est-ce que vos enfants savent danser ?

- Hopala ! oui ! Ma fille, elle danse le vrai rondeau.

- Comme autrefois ?

- Pareil ! Elle l’a appris au folklore. C’est mademoiselle Dupont qui les enseigne. Elle est forte, hein ! Pour en remontrer à celle-là ... Toutes les danses, bretonnes, basques, américaines, elle connaît tout ! Elle nous a expliqué nos danses, d’où ça vient, tout ça.

- Mais pour le rondeau, est-ce qu’elle enseigne le même rondeau que vous dansiez autrefois, quand vous étiez jeune homme ?

- Pareil, tout pareil. Seulement que nous, ici, on le faisait un peu autrement. On n’était pas instruits.

- Mais votre fille ...

- Ah, elle, c’est le vrai rondeau. Elle a suivi des stages, au conservatoire Occitan, là. Ceux-là sont forts, hein ! Hopala !