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Des mondes de musiques

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Ethnotest

« L’homme est naturellement mauvais et la civilisation ne l’arrange pas » (J.J. Rousseau corrigé).

Epsitemologix

Nous vivons à une époque où Montaigne ne trouverait pas d’éditeur. L’édition, c’est pour les états d’âme de Claire Chazal, les rancœurs de Julien Lepers, les mémoires de Ronaldo ou les anecdotes de Roseline Bachelot.

Or ça, c’est les retombées du concile de Trente : l’enjeu était d’associer les laïcs à la pratique religieuse. Et donc de réduire l’espace dévolu à ceux qui avaient quelque chose à dire : les clercs. Ne serait-ce qu’en supprimant les jubés, qui séparaient l’autel des fidèles.

Intégrer les laïcs, ça peut se faire de différentes manières et les jésuites n’ont pas fait les mêmes choix que les jansénistes.

Cela dit, Malraux nous avait prévenus que le vingt-et-unième siècle serait religieux ou qu’il ne serait pas. Personnellement, je pense qu’il aurait été de toute façon. Et qu’il n’est pas si religieux que ça. Sauf à voir de la religion dans le sectarisme, l’assassinat ou la pédophilie. Mais qui suis-je pour contester Malraux ?

Heureusement l’histoire est progrès. Nul ne le nie. Au point que le passé n’intéresse plus personne : tout rétroviseur est frappé d’obsolescence programmée. On vous le remplace par un parebrise en miroir, qui permet à chacun de se contempler, perdant de vue le monde qui défile à l’extérieur. Et donc l’histoire . Paradoxalement, ça redonne une chance à Montaigne : cette chance s’appelle Facebook. Même sans éditeur, tout le monde peut s’y exprimer. Montaigne comme les autres. Quitte à prendre un pseudonyme pour y transformer ses Essais, en quête de bonus offensif.

A la portée de tout facebouqueux, le bonus offensif y est généralement moins bonus qu’offensif. Pour la première fois dans notre histoire, Glandulard et Duconneau peuvent confier à un large public ce qu’ils ont à communiquer. C’est-à-dire rien. Du vide meublé par des fautes de français. On y voit flotter des émoticonneries, telles des vacuoles dans le protoplasme. Et tout cela suinte le fiel, distille du venin, de la rancœur, de la haine. Les ratés ricanent sur la réussite qui s’est toujours refusée à eux et Montaigne – que personne n’a lu -devient la cible de sarcasmes et d’insultes chaque fois qu’il s’autorise à quelque prise de parole. Même sous un pseudonyme (style Epistémologix, par exemple. Ou Finkielkraut).

Le problème, c’est que les vipères ne sont qu’un stade de l’évolution. Avant il y a eu les poissons. Après on aura des oiseaux. Et plus tard encore des mammifères. Et alors, où est le problème ? me demanderez-vous.

Eh bien c’est que l’évolution bénéficie inégalement à tous. A côté des aigles et des albatros, vous avez des pigeons. Et des pintades. A côté des grands fauves, vous avez des moutons, qui suivent le troupeau en bêlant tous la même chose d’une seule voix.

Certes, l’être humain diffère peu du chimpanzé : même bagage génétique à 95 pour cent. Mais dans les 5 pour cent qui restent, vous avez le Parthénon, les Brandebourgeois et la chapelle Sixtine. Plus les Essais. Quant aux autres, les moins cinq, les demeurés en arrière, les laissés pour compte, les surbaissés du couvercle, les pigeons, les pintades er les moutons, il leur reste Facebook pour bac à sable. Où ils pourront entre eux ironiser à loisir sur Phidias, Bach, Michel Ange et Montaigne. Avec pour toute perspective d’évolution le retour au reptile. Ce qui leur permettra de faire avaler des couleuvres à quiconque dit préférer ramper plutôt que s’élever vers le haut. C’est ce qu’on observe à l’heure actuelle : ça vole bas, sur les réseaux sociaux. Et l’on y voit se contorsionner des chenilles dont aucune évolution ne fera jamais des papillons. En dépit de leur coconnerie.