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Des mondes de musiques

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Festival Musikensaire 2019

Défi Folk Trad 2019

Gérard Viel

Rencontre avec le groupe gagnant de la troisième édition du Défi Folk Trad World de Musikensaire

Emotion, sensualité, fusion au service de la danse trad.

 

Dans le cadre de son festival consacré aux musiques actuelles en Normandie l’association Musikensaire (https://musikensaire.fr/defi-folk-world-trad/) a organisé le 1er septembre dernier la 3ème édition de son Défi Folk Trad. Les groupes, artistes, chanteurs amateurs ou en voie de professionnalisation de   la   Normandie dans   les   mouvances   folk, world, et   musique   traditionnelle se sont retrouvés dans des conditions techniques professionnelles et devant un public et un jury. Notre site 5planetes est partenaire de cet évènement insolite et unique en son genre qui fait se rencontrer des artistes inconnus avec un public de festival. C’est le duo Stradibalius, qui a fait l’unanimité du jury, avec un projet artistique étonnant consacré au répertoire de danses avec un accordéon diatonique, un violoncelle, et leurs deux voix en fusion. Rencontre chaleureuse avec Eva et Marceline toute surprise d’avoir remporté ce tremplin

Comment est née l’aventure de votre duo?

Nous nous sommes rencontrées au Centre de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) de Rennes. Les étudiants(es) sont poussés(es) à se mettre en groupe pour faire des concerts. C'est l'occasion d'appréhender la scène, préciser son affinité musicale et concrétiser ses désirs de créations. Eva a proposé à certains musiciens et musiciennes dont Marceline de constituer un groupe de Bal Folk et c’est ainsi que l’aventure a commencé !

Quel est le parcours musical de chacune de vous ?

Eva : « J'ai toujours chanté. Petite j'avais toujours une chanson en tête. J'ai eu la chance de fréquenter les bals folks avec mes parents et d'y découvrir le plaisir de la danse collective, et les instruments des bals. A dix ans j'ai eu envie d'apprendre le violoncelle, j'ai pris des cours au conservatoire d'Evron en Mayenne. En parallèle j'ai continué de chanter en collectif, dans des chœurs, en petite et grande formation, et dans des temps moins formels autour d'une table ou d'un feu. Après des études de lettres et cinéma puis d'espagnol, c'est le flamenco qui m'a fait me rendre compte de mon envie de consacrer vraiment du temps à la musique. Je souhaitais profiter du plaisir de pratiquer le répertoire traditionnel à danser, au chant et au violoncelle. Actuellement je suis partie pour deux années de formation aux musiques traditionnelles occitanes à Toulouse, et y prépare le Diplôme d'Études musicales (DEM) en chant.

Marceline : « J’ai grandi dans une maison familiale où les instruments de musique comme le piano, la guitare, le saxophone, la flûte à bec, étaient à portée de main. Alors je me suis beaucoup amusée avec tout ça, à faire des chansons d’enfants, à reproduire des sons que j’avais entendus sur des CD, à la télé. Mais la musique est devenue plus sérieuse quand j’ai voulu faire de l’accordéon grâce au film « dance

with me »,(réalisé en 2006 par Liz Friedlander et avec  Antonio Banderas, Alfre Woodard, Jenna Dewan). Dans ce film, il y a une scène de tango qui m’a beaucoup marquée, alors à 11 ans j’ai commencé en autodidacte. Plus tard j’ai pris des cours avec Valérie Lopez à l’école communale de Troarn, elle m’a appris de bonnes bases. J’ai continué de jouer seule et en groupe sans professeur, j’ai travaillé « l’énergie » mais techniquement je stagnais…Alors rentrer au CFMI de Rennes fut clef car non seulement j’ai pu élargir ma technique avec le professeur d’accordéon Philippe Catalano (notamment l’arrangement de chanson) mais en plus j’ai travaillé l’oreille et le répertoire aux côtés d’Eva et du Bal Folk

 Votre démarche artistique est à mi-chemin entre le concert et le bal, que voulez-vous faire passer ?

Eva-Marcelline : Nous souhaitons partager la beauté du bal avec les danseurs !  Pas de bal sans musiciennes, pas de bal sans danseurs ! Il nous arrive parfois de travailler une version concert, comme pour le tremplin à Barfleur, c'est un travail différent et qui nous intéresse. Malgré tout, notre musique est une musique de bal avant tout

Vous faites le pari de l’émotion et de la sensualité, est-ce compatible avec les musiques à danser ?

Eva : Bien sûr ! Les danses en elles-mêmes ne nous ont jamais semblé dénuées d’émotions ou de sensualité au contraire. C’est une manière subtile de communiquer avec l’autre. C’est un moment où tous les sens sont mobilisés et où il faut être très en alerte au corps de l’autre et à son propre corps, … et recevoir la musique pour  l’« in-corpsporer». En revanche les musiques à danser pour Marceline parfois lui ont paru un peu « pouêt-pouêt » mais c’était avant d’écouter tout l’étendu de ce qui existe en musique à danser. A la découverte de ces musiques, elle a ressenti beaucoup d’émotion (oui elle été émue !).

Marceline : Nous ne sommes donc pas les seules à mettre de l’émotion et de la sensualité dans notre musique, loin de là. C’est peut-être que cette musique est mal connue…C'est quand tu parviens à capter l'émotion des danseurs ou des oreilles qui t'écoutent, que tu sais que ça marche. Oui la musique à danser est sensuelle, évidemment. Tout l'enjeu pour nous est de faire ce pari de l'émotion : excitation, douceur, surprise… pour faire frétiller les pieds de la salle de bal !

 Comment avez-vous défini et choisi votre répertoire ?

On a toujours joué ce qui nous touchait. Ce qui nous était venu aux oreilles et qui allait nous faire avancer dans notre pratique et notre connaissance des musiques traditionnelles à danser. L'écoute à la fois de collectages (de Bretagne, et du Sud-Ouest) et de groupes actuels qui jouent dans les bals a nourri nos oreilles. A partir de là, nous avons appris à arranger les morceaux pour nos instruments et nos préférences. Puis dans un second temps on a souhaité composer. On choisit une danse, on se lance, on se propose des paroles, une mélodie, une trame et c'est parti. Ce qui nous guide, c'est la danse : il faut que ça fonctionne pour les danseurs. C'est génial de composer avec cette idée en tête. La contrainte guide et enrichit le processus de création !

 Vous avez remporté le 1er prix du Défi Folk Trad 2019 de l’association Musik en Saire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Une motivation pour continuer de travailler ensemble et faire vivre ce projet malgré la distance géographique (Marceline à Caen et Eva à Toulouse depuis peu)

 Comment imaginez-vous l’avenir de Stradibalius ?

On aimerait enregistrer un album, et surtout continuer de composer !

 Quel est l’album que vous emporteriez sur une île déserte et qui permettrait de survivre ?

Marceline : L’album de la Base Duo ou celui Pulsacion d’Astor Piazzolla ou encore

Parrallelogramme de Lindha Perhacs

Eva : Ça dépend des époques. Mano Solo (Dehors), Brigitte Fontaine (les albums

Vous et Nous, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem), Bebo y El Cigala (Blanco y Negro).

https://www.facebook.com/Stradibalius/

Contact : e-va.cloteau@orange.fr