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Des mondes de musiques

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Festival Traversées Tatihou 2019

Voyage en Celtitude

Gérard Viel

De l’Irlande, l’Ecosse et la Bretagne aux Traversées Tatihou 2019

Pour cette deuxième journée des Traversées Tatihou 2019, initiée et portée par le conseil départemental de la Manche, direction les musiques celtiques qui ont faites la réputation et l’image de marque de ce festival incontournable.

Sous le chapiteau monté sur l’île Tatihou, imaginez une corde de guitare (le Mi grave) qui sonne en début du concert, cette note se prolonge, se répète via un effet dit de boucle ! Cela donne l’impression d’un bourdon de cornemuse, puis très discrètement la voix cristalline, pure et bien présente de Julie Fowlis nous enchante et nous entraîne dans son archipel écossais des îles Hébrides. Julie est née sur l’île de North Uist, sa langue maternelle est le gaëlique, et l’ensemble de son répertoire est dans cette langue qu’elle défend avec passion et talent.

Julie Fowlis (Photo Ulrike Bünner) / www.5Planetes.com )

Le gaëlique est encore parlé par 1% de la population dans cet archipel écossais. Au fil des années Julie Fowlis s’est affirmée comme une ambassadrice de la culture gaëlique, sa voix est posée, précise et elle laisse passer une émotion qui va droit au cœur des festivaliers de l’île Tatihou. Sur scène elle est accompagnée par quatre talentueux musiciens qui portent et mettent en valeur la voix de Julie (Eamon Doorley, Calum Stewart, Tony Byrne, Ducan Chrisholm). Venant d’une île et chantant sur une autre île, Julie Fowlis se sent à Tatihou comme chez elle, et la fusion avec le public des Traversées Tatihou s’installe chanson après chanson pour se clôturer par l’arrivée de Julie jouant de la grande cornemuse écossaise.

 Julie Fowlis (Photo Ulrike Bünner / www.5Planetes.com)

La soirée s’est déroulée sous le chapiteau monté sur le port de St Vaast la Hougue avec la nouvelle génération des musiciens irlandais et écossais. « Socks in the Frying Pan – Chaussettes dans la poêle à frire ». Le ton est donné avec un incroyable trio de jeunes musiciens irlandais du comté de Clare, situé sur la côte ouest de l'Irlande. Leur musique est chaleureuse, dynamique avec une virtuosité propre à cette jeune génération de musiciens, mais contrairement à d’autres groupes ils ne jouent pas uniquement vite !!! il y a de l’énergie et de la complicité entre eux. Leurs harmonies vocales sont bien posées et leur présence va droit au cœur du public. Ce joyeux trio mélange les mélodies irlandaises traditionnelles avec humour et sensibilité.

Socks in the Frying Pan (Photo David Daguier (Conseil départemental de la Manche)

 

La soirée s’est conclue avec un groupe écossais qui fait beaucoup de parler de lui. Les avis sont partagés pour le trio Talisk (Qui est une distillerie de whisky située à Carbost, sur l'Ile de Skye en Écosse !) Moshen Amini (concertina), Hyaley Keenan (violon), et Graeme Armstrong (guitare) ne laissent personne indifférent. Certains festivaliers ont adoré la virtuosité, d’autres ont détesté à cause de l’omni présence des sonorités électroniques. Leur répertoire issu 100 % de compositions avec une énergie rock-punk-folk débridé, mais cette fusion instrumentale apporte du sang neuf ! Elle est basée avant tout sur le rythme, le tempo, la vitesse et la gesticulation de Moshen Amini et son concertina avec un système d’effets mesurant 1,20m de long !!! Je vous laisse imaginer le résultat !

Talist (Photo Thierry Houyel / Conseil départemental de la Manche)

 

Le lendemain c’était la journée du grand barde de la Bretagne Alan Stivell ; il est certain que sans cet artiste et son œuvre musicale les Traversées Tatihou n’auraient jamais vu le jour en 1994 ! Avec son calme, son charisme et ses talentueux musiciens, Stivell a défendu son 25ème album « Human Kelt » et les grands titres de son répertoire en offrant au public des Traversées Tatihou une musique contemporaine qui ne renient pas ses racines. Sa voix chaleureuse soutenue avec sa harpe, avec ses sonorités cristallines, insolites et contemporaine s’élève dans le chapiteau et le public chante avec lui, comme des amis qui se retrouvent après une longue séparation. En 1976 il produit son album « Trema'n Inis (Vers l'île) », et sur l’île Tatihou, Alan Stivell se sentait comme à la maison pour le plaisir de tous.

Alan Stivell (Photo Ulrike Bünner www.5planetes.com)