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Des mondes de musiques

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Jazz Sous Les Pommiers 2018

Coutances / La journée en Fanfare et la soirée Blues 2018

Gérard Viel

Pour sa 37ème édition le festival de Coutances (Manche) Jazz Sous Les Pommiers est resté fidèle à son image. Bien qu’il soit le 3ème festival de Jazz en France, l’atmosphère est toujours restée à dimension humaine, et ouverte sur le monde

Les passionnés de jazz comme les néophytes y trouvent leur bonheur avec une programmation pointue faisant judicieusement se croiser, des grandes pointures internationales et nationales, des découvertes de la jeune scène du jazz, des créations, un focus sur la scène jazz normande st sur les pratiques amateurs. Avec la particularité pour ce festival de proposer également une série de concerts dites des « musiques cousines » pour ne pas dire ouvertement musiques traditionnelles et musiques du monde, qui sont souvent moins médiatisées, et le mot « jazz » est plus vendeur !

En ce qui me concerne je me suis intéressé à la journée « Un dimanche en fanfare » du 6 mai et la soirée blues du 8 mai.

> FANFARES EN FOLIE !

Cette journée consacrée aux fanfares a tenu largement ses promesses. Ce fut une grande fête populaire, chaleureuse et une fusion culturelle universelle. Italie, Pays Bas, Serbie, Suisse, Allemagne Suède, et France n’ont laissé personne indifférent.

Le pari insolite de Alban Darche de travailler avec 80 musiciens amateurs de la Manche et de l’Orne a convaincu les plus réticents. Bravo à tous ceux qui ont relevé le défi de présenter un jazz actuel en s’appuyant sur des grands classiques. L’excellent ensemble « Art Sonic » et son « Bal Perdu » a occupé le magnifique Magic Mirror en s’installant au centre et en cercle. Quelques micros judicieusement installés et nous avons assisté à une relecture du répertoire de valses, java qui sont ancrés dans nos têtes depuis des générations. L’âme de Jo Privat, Boris Vian, Gainsbourg et du grand Bourvil était dans tous les cœurs. En extérieur et par un grand soleil normand l’énergie, la folie musicale et le talent des musiciens qui composent le Gallowstreet d’Amsterdam à embarqué la cour des Unelles dans une musique de transe contemporaine qui allait du funk au rap en passant par le jazz, le rock le hip Hop, la house musique ! Imaginez 12 cuivres, un batteur et un percussionniste ! Plus tard à l’ombre de la salle Marcel Hélie, le souffle magique de

Saša Krstić grand trompettiste de Serbie (région où les fanfares tziganes ont une tradition de longue date). Au festival de Guča, qui est la capitale mondiale de la trompette, cet artiste a été consacré « trompette d’or » trois ans de suite et en 2017 « Maestro ». Ce musicien est impressionnant de par sa technique, il est capable de jouer une multitude de notes dans une mesure. Sa présence et son charisme et ses notes « bleues » vous transpercent l’âme.

Photo Ulrike Bünner

GALLOWSTREET (Pays Bas)

>LE BLUES DE LA JOIE !

Le marché couvert de Coutances est transformé chaque année en véritable salle de concert, et au fil des années l’acoustique s’est améliorée grâce aux nombreux techniciens qui travaillent dans ce sens. Pour cette soirée consacré aux blues avec le guitariste suédois Bror Gunnar Johnson et le trio américain True Blues.

Vêtements élégants et chics, Bror Gunnar entre en scène, intimidé et sans doute impressionné par les 1400 spectateurs. Il regarde le public, sourit et s’installe derrière sa grosse caisse, entouré de ses deux guitares et des pédales d’effets. Un peu tendu lors de deux premiers titres, affinant régulièrement les réglages de sa guitare, un son surprenant pour le public et sans doute un peu trop fort ! Puis sa voix venue du fond de l’imaginaire Viking nous prends et ne nous quitte plus, elle nous arrive droit dans l’estomac, elle est profonde, gutturale…Un petit regret sur cette voix sous mixée par rapport à sa guitare, qui rendait compliqué la compréhension des ses mots ! L’aura de Bror Gunnar est énorme sur scène, il est totalement dans sa musique et dans son projet artistique, j’y ai retrouvé par moments l’esprit de Bob Dylan ! Peu de mots, seule sa musique compte. Et quand il prend son ukulélé, c’est la grande classe, il nous montre que le blues coule dans ses veines depuis sa naissance. « J’ai grandi dans un univers familial de musiciens. Mon père et l’une de mes sœurs sont des musiciens. Ma sœur et moi, nous sommes la quatrième génération de musiciens dans notre famille » « Vers mon âge de 10 ans, j’ai eu un grand choc en entendant pour la première fois dans ma vie un enregistrement de Muddy Waters avec « Ernest « Big » Crawford. Les sonorités que j’ai entendue avec seulement les deux voix, la guitare slide et la contrebasse slap étaient pour totalement nouvelles et m’on transporté jusqu’à aujourd’hui ». Bror Gunnar Jansson réussit habilement la fusion entre tradition et modernité.

Bror Gunnar Jansson (Suède) (Photo Pierre Yves Le Meur)

 Le trio de rêve : Correy Harris (guitare et voix), Alvin Youngblood Hart (guitare et voix) et Phil Wiggins (harmonica et voix) tous les trois sont des références dans le domaine des racines du blues. Ils arrivent souriants et détendus sur scène, sourient au public et heureux de voir tant de monde pour les écouter. Dés les premières notes j’ai eu le sentiment d’être « comme à la maison » avec des amis autour d’une table et de « refaire le monde » grâce à la musique. Le son est limpide, pur, les voix sont burinées par la route et les années, mais toujours chaleureuse et les sourires et clin d’œil complices entre eux sont magiques. Ils nous parlent de ce répertoire issu du blues du Delta du Mississipi, des anecdotes personnelles et familiales. Ils prennent le temps et chaque note est à sa place et au bon moment, c’est l’émotion qui domine et les notes de l’harmonica sont précises et profondes comme est le blues qu’ils nous interprètent pour le plus grand bonheur du public. Que ce soit en solo, duo ou trio, ces trois lascars nous ont fait vibrer et même avec des chansons tristes, ils ont apporté de la joie et du bonheur à chaque spectateur. L’esprit des grands maîtres du blues était à Coutances en ce mardi 8 mai 2018.

 TRUE BLUES (USA) (Photo Pierre Yves Le Meur)

 http://www.jazzsouslespommiers.com/