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Des mondes de musiques

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Jean-Luc Thomas : Kerlavéo

François Saddi

Photo ouverture : J.L. Thomas & T. Carrasqueira - Photo D.Olivré

Jean-Luc Thomas, musicien improvisateur, flûtiste breton praticien des musiques traditionnelles est un grand voyageur* qui poursuit son cheminement exploratoire hier en Inde, au Niger ou en Irlande, ou pour quelques temps encore à Aubervilliers avec Bartabas (lire l’interview de décembre 2017 sur le site : CLIC ). Parallèlement, c’est vers le Brésil qu’il tourne le regard. Demandons-lui de nous raconter cette nouvelle aventure !

(*voir à ce propos sur ce site "Le souffle de la terre", le film qui lui est consacré. CLIC )

Comment et quand vous êtes-vous rencontrés avec les musiciens qui jouent avec toi sur ce nouvel album (Kerlavéo, lire la chronique : CLIC) ? Après tout, le Brésil, ce n’est pas la porte à côté !

Au départ, tout est lié à la rencontre avec Vitor Lopes, l’harmoniciste. C’est une très longue histoire qui a démarré dans le Trégor lors d’un concours international de guitare classique organisé à Trédrez Locquémeau par Roger Eon. Les choses se sont liées progressivement avec le trio « Kej » dans lequel je jouais à l’époque et « Um Trio Vira Lata » des amis de São Paulo avec lesquels nous avons fait la création « Terra Musical » dans les années 2000. Um Trio Vira Lata est venu régulièrement en Bretagne, Marcelo Costa, le percussionniste y est même resté (il joue aujourd’hui dans Bel Air de Forro), ils ont enregistré un album live à São Paulo et un autre à Penvénan dans le Trégor. Les relations avec ces musiciens étaient très fortes jusqu’en 2009 où c’est moi qui, à partir de ce moment là ai commencé à revenir au Brésil régulièrement. Quasiment une fois par an. Vitor a organisé beaucoup de choses pour moi (concerts, rencontres, performances, masterclasses,…).

J.L. THomas & Vitor Lopes Photo D. Olivré

Comment est né ce groupe, ce projet d’album ? Y a-t-il déjà eu des concerts ? Une tournée en France est-elle en préparation ?

Ce groupe est né en 2015, d’un cadeau que m’a fait Vitor Lopes. J’étais au Brésil pour 2 mois avec des temps de travail à Rio De Janeiro, Recife dans le Nordeste et São Paulo. Nous avions notamment fait 4 émissions « Couleurs du Monde » avec Françoise Degeorges et Pierre Willer. (cf liens en fin d’interview) Vitor m’a demandé si j’étais d’accord pour faire 3 concerts avec Gabriel Levy (piano, accordéon), Carlinhos Antunes (guitares, kora,..), Pedro Ito (Percussions), Toninho Carrasqueira (flûte traversière en métal) et lui même à l’harmonica. Je lui ai tout de suite répondu positivement car je connaissais ces magnifiques musiciens. Sauf que, une semaine avant le concert, Vitor me fait parvenir l’affiche annonçant le premier concert du « Sexteto Jean-Luc Thomas ». J’ai été très surpris et je n’assumais pas vraiment ce nom avec moi au centre. Je n’ai jamais crée de groupe à mon nom jusqu’à présent. Nous avons donné 3 concerts à São Paulo qui se sont très bien passés et les musiciens ont proposé de réinjecter l’argent des cachets dans une séance de studio pour enregistrer la musique tant qu’elle était fraiche et que j’étais présent.

Le groupe - photo Stela Handa

A l’issue de la dernière journée, j’ai demandé à ce que l’on change le nom et tout le monde a voté pour Kerlavéo qui est l’adresse de ma maison et également le titre d’un morceau que nous jouons et que Vitor a composé en pensant à notre relation, il l’appelle le Jongo Breton. Le jongo est le rythme à 6 temps qui fait l’identité de la musique Paulista (de São Paulo). Le chemin mélodique est un peu mélancolique et parfois « déglingué », comme dit Vitor. Ça c’est pour sa vision de la Bretagne ! Ça me plait beaucoup. Kerlavéo est né !

Nous avons rejoué 3 fois à São Paulo en septembre 2018 lors de la sortie de l’album au Brésil. Nous allons rejouer en mars prochain. Parfois la formation se produit sans moi, j’ai un remplaçant de luxe en la personne de Carlos Malta. Une tournée en France est en cours de montage pour l’été 2020 avec, notamment un passage vers les Fifres de Garonne de Saint Pierre d’Aurillac.

De multiples influences traversent ce disque qui sonne, me semble t’il, plus jazz nourri de musiques traditionnelles que musiques traditionnelles éclairées d’improvisations jazzistiques ?

C’est aussi le Brésil avec cette capacité à intégrer, à digérer toutes sortes d’influences sans volonté de catégoriser. Tous les musiciens ont une formation solide et un magnifique parcours déjà… qui va du choro à la musique japonaise en passant par les Balkans, le Burkina Faso, la chanson brésilienne, le Forro, la samba, la musique classique et le jazz bien sur !!! Le jazz n’est pas loin car tous les musiciens de Kerlavéo adorent l’improvisation, cette improvisation que l’on entend dans les musiques populaires un peu partout dans le monde.

Pas forcément dans les musiques dites traditionnelles de l’hexagone mais sous les tropiques, c’est une autre histoire. L’improvisation est permanente, dans la vie sociale, le travail, … et la musique bien sûr. C’est peut-être cela que tu ressens. Les relations entre les musiciens sur scènes parfois relèvent de la télépathie, il n’y a pas grand chose d’écrit… On s’écoute, on joue, on se tait, on laisse le voisin prendre la parole… Comme dans la vie !!! La musique est très modale, parfois tonale mais l’idée est de jouer des thèmes simples qui seront prétextes à de belles harmonies et sources d’improvisations inspirées.

Quelques mots aussi sur le label Hirustica que vous avez fondé avec Gaby Kerdoncuff, où en êtes-vous ?

L’aventure continue, la Cie Hirundo Rustica a ouvert ses portes à Gab Faure sur sa création « Moltaka » et à Fawaz Baker l’ancien directeur du conservatoire d’Alep qui est artiste associé à la scène nationale Le Quartz de Brest pour 3 ans. Nous avons 2 albums en préparation pour 2019, le premier à sortir sera celui de Fawaz en novembre 2019 et je prépare l’album d’Oficina pour février 2020. Nous sommes toujours en train d’apprendre le métier de producteur et nous commençons à réfléchir sérieusement aux questions d’édition phonographique.

Photo Simon

Et enfin, quels sont tes projets à venir, la continuité de cette aventure brésilienne, ton concert solo Oficina…?

Evidemment l’aventure « Ex Anima » de Zingaro continue en 2019 et, après un temps à Aubervilliers, nous allons repartir sur les routes de France pour une tournée qui nous amènera à Béziers, Lyon, Bordeaux, Brest et Toulon. En mars, je retourne voir les amis brésiliens pour faire des concerts avec Kerlavéo, Sopro Da Terra (avec Carlos Malta et Bernardo Aguiar) et enregistrer l’album d’Oficina.

Dans les temps de pause de Zingaro, je vais jouer un peu avec Ravichandra Kulur, nous allons nous retrouver début mars.

Je vais également présenter Oficina (7/02 Février à Gennevilliers et le 25/05 à Paimpol) et l’année 2019 sera très marquée par Oficina et l’album qui arrive…. puis viendra le temps de la réflexion sur le chemin qui suivra après Zingaro.

Je compte beaucoup sur les arbres et les oiseaux de Kerlavéo pour me donner les bons conseils.

 

Pour faire plus ample connaissance avec ce musicien très prolixe :

Voir le site : http://www.jeanlucthomas.com/

Lire aussi les interviews dans Trad’Mag n° 168 et sur le site 5planètes, en page n°20 des actus

Lien vers les émissions « Couleurs du Monde » :

https://www.francemusique.fr/emissions/ocora-couleurs-du-monde/reportage-sao-paulo-2-2-14628   Emission à écouter)