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Des mondes de musiques

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Lankum "Between the Earth and Sky"

Le renouveau du folk irlandais avec sensualité et sensiblité à fleur de peau !

Gérard Viel / John Bro

Le groupe Lankum (de Dublin) propose un nouveau regard sur le répertoire et l’image de musique irlandaise, tout en revendiquant les racines de leurs différentes cultures. Ces quatre musiciens privilégient l’émotion, la sensibilité et la sincérité sans jamais tomber dans la facilité. Rencontre avec Ian Lynch un des fondateur de ce quartet dont l’album « Between the Earth and the Sky » est à découvrir au plus vite !

 

 

 

 

Comment est né le groupe Lankum et quelle est son histoire ?

Lankum a commencé il y a environ 15 ans, avec moi et mon frère, Daragh Lynch. Nous avons joué pendant des années une sorte de musique hybride entre l’univers psychédélique et le folk-punk avec un travail d’éléments de théâtre et satire. Nos chansons étaient humoristiques et politiques, et parlaient et se moquaient de bien des aspects de la vie en Irlande. Nous avons produit un CD (“Where did we go wrong ?”) et édité 300 exemplaires. Nous avons fait un tournée dans le Sud de la France, au Mexique, Etats Unis sans parler de tous les festivals punk en Europe. Le groupe partait en déclin quand mon fils est né en 2007, mais nous avons fait le maximum pour continuer. A cette époque on a collaboré avec différentes personnes, mais cela n’a jamais marché comme nous le souhaitions. Puis il y a eu la rencontré Cormac et Radie avec lesquels nous faisions de la musique traditionnelle autour de Dublin, et le projet artistique a pris forme. On s’entendait très bien avec eux et on aimé jouer ensemble. Quand on leur a demandé de se joindre avec nous sur quelque chansons qu’on enregistré cela c’est passé si bien qu’on leur a demandé de rejoindre le groupe à plein temps, ce que nous n’avons jamais regretté.

Pouvez vous nous dire le sens de ce nom Lankum ?

Lankum vient du mot du « vilain » dans la chanson traditionnelle « False Lankum » (Faux Lankum), une version irlandaise d’une ballade internationale bien connue « Lamkin ». Dans notre version, False Lamkun vient au château du seigneur en son absence et par la tricherie et un subterfuge, il tue la dame et son fils d’une manière affreuse, avant de se faire prendre et condamner pour ses crimes. Si tu regardes d’autres versions de la chanson tu découvriras qu’il a fait cela parce que il a construit ce château, mais n’a jamais été payé. Il y a un motif de guerre des classes la dedans qui me plait vraiment.

Comment pourrais tu définir votre musique ?

Avant tout, c’est de la musique folk ! nous nous intéressons aux chansons composées par des hommes et des femmes de tous les jours, et à travers les âges. Pour accompagner ces chansons nous utilisons des instruments acoustiques : uilleann pipes, concertina, violon, guitare, harmonium, viole, sifflet d’étain, accordéon etc. Comme nous sommes tous intéressés par d’autres formes de musique (électro, rock, black metal, punk, etc.) ces influences entre dans notre musique – mais pas dans la forme de « fusion » mais de manière très subtile. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut vouloir, c’est juste quelque chose qui vient naturellement. Je pense qu’on doit être honnête, et la musique de Lankum est simplement ce qui sonne « bien » à nos oreilles, même si cela a été déformé et distordu par bien des sons et genres différents. Je sais que ce n’est pas exactement une définition, mais je préfère faire la musique, et laisser les autres en parler.

Qu’essayez de faire passer dans votre musique ?

Nous nous mettons tout d’abord au service de la chanson. Quand nous chantons, nous essayons de faire partager son histoire avec le public. C’est pour nous la chose essentielle. Sur un plan général, nous sommes fascinés par les chansons du peuple, les travailleurs, les rejetés sociaux, les opprimés. Depuis des siècles, ces chansons ont été une manière pour les gens d’exprimer leurs plaintes, d’écrire leurs émotions, et de protester contre leurs difficultés de vivre. Ce type de répertoire est notre principale source d’influence et de motivation pour jouer notre musique. Nous essayons de communiquer une énergie face aux difficultés et aux privations au regard de ce que nous vivons actuellement, sachant que les gens ont vécu de situations beaucoup plus compliquées dans le passé. Mais ils ont toujours composé, chanté et résisté pour survivre. Cela nous fait dire que nous devons perpétuer ces chansons, nous rassembler pour tenter de changer le monde et de créer quelque chose de nouveau.

Quelle est la culture musicale des membres du groupe ?

En ce qui concerne les traditions, nous venons tous de différents horizons, mais nous avons finis par nous retrouver tous ensemble. J’ai été intéressé par la musique punk et heavy metal depuis que mon âge de dix ans. Malgré toutes mes années impliqué dans la scène DIY punk à Dublin, j’ai toujours eu un intérêt pour la musique des Pogues, des Dubliners, et Planxty, et cela s’est affirmé dés mes vingt ans. Cela m’a conduit à apprendre les uilleann pipes, et à me mettre à fond dans le « Pure Irish Drop », c’est à dire la tradition solo des interprètes et chanteurs. Daragh était sur une démarche identique, et nous étions tous les deux totalement « branchés » sur la musique traditionnelle quand nous avons rencontré Cormac et Radie. En ce qui les concernent, ils ont été éduqués à la musique traditionnelle, et en participants à des compétitions et concours depuis leur plus jeune âge. Ils étaient très avancés musicalement quand nous les avons découverts. Mais ils avaient également un goût des choses étranges, et je crois c’est cela qui les a amenés à jouer avec nous. Actuellement, nous sommes dans une grande diversité de genres et sous-genres de musique. Je pense qu’il est pratiquement impossible de faire de la musique sans que toutes vos influences (musicales, littéraires, artistiques) ne viennent interférer, même si c’est inconscient et si nous ne le réalisons pas vraiment.

Comment avez-vous déterminé votre répertoire ?

La plupart d’entre nous est actif dans la scène des sessions à Dublin et aux alentours. Nous sommes tous en train d’apprendre et de chanter en permanence, et ce n’est qu’une petite fraction, de ce qui détermine le répertoire du groupe. Avant tout, nous devons tous avoir envie de chanter et de jouer telle chanson. Il faut que cela résonne entre nous d’une certaine façon, et il faut que cela se concrétise ensemble. Il y a eu de nombreuses de fois ou nous avons tous adoré une chanson, mais nous avons dû la lâcher après avoir travaillé dessus pendant des semaines – ou même des mois ! Parfois, ça refuse de venir, et tristement il faut la mettre de coté, voir l’oublier !

Que pensez-vous de la musique traditionnelle en Irlande en 2018 ?

Je la trouve très dynamique, je ne peux parler que de Dublin, mais il y a plus en plus de sessions qui se passent en ville, comme cela n’est jamais arrivé avant. Un développement passionnant de ces dernières années, a été l’intégration du chant et de la musique instrumentale dans les sessions. C’est beaucoup plus courant d’entendre la musique et le chant ensemble dans les sessions aujourd’hui, alors que par le passé, c’était l’un ou l’autre (principalement la musique, il faut le reconnaître). Grace au travail de Na Pîobairî, (Association d’enseignement et de développement du uilleann pipes ) il y a d’avantage de jeunes qui jouent et apprennent les uilleann pipes. Nous en avons plus de trois mille aujourd’hui, alors que dans les années cinquante il était en voie de disparition. En ce qui concerne le chant, il y a de nombreux de jeunes et talentueux chanteurs. Je suis allé à un festival de chant au mois de mars à Inishowen, (péninsule située au nord du comté de Donegal), et tous les chanteurs anciens ont constaté avec bonheur qu’il y avait un rajeunissement important des chanteurs. Beaucoup de ces anciens pensaient que la tradition du chant allait disparaître avec eux, alors tu peux t’imaginer qu’ils étaient ravis de voir des gangs de jeune gens ayant 20 ou 30 ans chanter les vielles chansons.

Quels groupes ou musiciens irlandais ont marqué votre vie. Est-ce qu’il ont influencé votre projet artistique ?

Beaucoup ! Tous les groupes que j’ai mentionné plus tôt : The Pogues, The Dubliners, spécialement Planxty, et aussi Sweeny’s Men et Bothy Band, et tous les classiques du folk irlandais traditionnel. Quant aux musiciens, je suis amoureux de Tommy Reck et Willie Clancy. Nous aimons tous les voix de Mary Deleney, Margaret Barry, Joe Heaney, ainsi que Lisa O’Neill, Damien Dempsey, Katie Kim, Emmet Gill, Jessie Smith, Ye Vagabonds, Landless Luke Cheevers, Barry Gleeson et Cormac Begley sont tous étonnant. Tous ces gens et ces groupes nous ont marqué et tous continuent à influencer Lankum de différentes manières.

 

Votre dernier album met en faveur l’émotion et la sensibilité! Est-ce que vous chercher à vous mettre à part de l’image du répertoire qui se joue dans les pubs ?

Merci! C’est un beau compliment ! Ce que je pense du répertoire irlandais que l’on entends dans les pubs : the Wild Rover, Dirty Old Town, the Auld Triangle etc. c’est que ces standards, sont d’une certaine manière les victimes de leurs propre succès. Ils peuvent sembler rabâchés ou ringards à n’importe qui, mais c’est seulement parce que c’était à l’origine de très bonnes chansons ! Comme « Fairytale of New York » la plupart des gens gémissent quand ont l’entend en radio, parce que de novembre à la fin de l’année c’est joué dans toutes les stations de radio vingt fois par jour. Mais tu peux pas nier que c’est un véritable chef d’oeuvre ! Ce n’est pas la faute de la chanson qu’elle soit totalement surjouée ! J’essaie donc de prendre de la distance sur ces chansons. C’est pas leur responsabilité qu’on les traite d’une manière qui manque de respect, ce sont toutes des grandes chansons. En ce qui concerne Lankum, je pense que nous aimons les chansons étrange s et leurs donner une chance de vivre et de voir la lumière de jour. Nous ne chantons pas “Dirty Old Town”, parce que des centaines et des milliers de personnes la chantent chaque soir de la semaine. Je pense que vous n’avez qu’a chanter ce qui vous intéresse et ce qui vous connecte à votre coeur, sinon vous ne faites que de vous tromper !

Dans vos arrangements de votre musique, on sent l’influence du folk américain. D’ou vient ce choix ?

Je crois que ça vient de Cormac qui est très branché dans la musique « old time » (des musiciens comme Tommy Jarrel et Dock Boggs). Son style de jeu puissant et ses accords ouverts amène souvent ce genre de musique.

Parfois vos chansons sont proche du minimalisme et c’est possible de sentir une énergie et une sensibilité contemporaine. Comment vous expliquer cela ?

En effet, nous sommes assez minimalistes dans nos arrangements. C’est dû principalement par respect aux chansons et aux chanteurs qui nous les ont transmises. En général, le répertoire que nous interprétons était traditionnellement non-accompagné. Je pense que la musique est déjà là dans la chanson elle-même. Quand nous travaillons pour arranger quelque chose, nous ne voulons pas le changer complètement, mais nous voulons accentuer ce qui y est déjà. Nous sommes très consciencieux de la manière de nos arrangement de nos chansons, et la plupart du temps, nous sommes dans des ambiances minimalistes. Cela provient aussi de notre intérêt pour ces atmosphères, et personnellement j’adore « Stars of the Lid » (Brian McBride et Adam Wiltzie duo de musique contemporaine des Etats Unis))

Qu’est que vous cherchez dans la musique de Lankum ?

Je ne peut parler que pour moi-même, je cherche à satisfaire mon propre besoin pour une forme d’expression de soi, celui qui puise profondément dans les riches sources des traditions folk qui existent dans notre pays. Nous sommes un peuple déconnecté et solitaire dont les âmes sont malades et mal nourris dans la culture vide, de la gratification instantanée d’aujourd’hui et je pense que c’est la richesse du passé qui peut aider à nous torturer dans la terre désolée de notre société moderne.

 

Ne manquez pas la chronqiue de l'album "Between the Earth and the Sky" rédigée par Philippe Cousin.

Cet album à remporté le prix du meilleur album 2018 BBC FOLK AWARDS

https://www.5planetes.com/fr/disques/lankum

Contact : http://lankumdublin.com/

Ne manquez pas les prochains concerts de Lankul en France.

Le 4 Octobre 2018 à Nantes (Nouveau Pavillon- Bouguenais)
Le 5 Octobre 2018 à Rennes (chapiteau du Thabor)
Le 6 Ocotbre 2018 à Maure de Bretagne (Espace culturel du Rotz)

En décembre 2018 au festival NO BORDER à Brest


Cette chanson "The Peat Bog Soldiers" est très connue dans les mouvements pacifistes. Composée par Johann Esser et Wolfgang Langhoff en, 1933 en Allemage, à  Börgermoor, qui était un camp de concentration en Basse-Saxe.

Hannes Wader grand auteur compositeur et interprète allemand en faite une autre version, trés populaire Outre Rhin.