Aller au contenu
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies notamment pour réaliser des statistiques de visites afin d’optimiser la fonctionnalité du site.
Des mondes de musiques

 En lisant avec gourmandise les articles de 5planètes.com, vous pouvez écouter Canal Breizh, en cliquant sur le logo.

 PUBLICITÉ

 

 

 

 

 

 

 PUBLICITÉ



 

Mes Souliers Sont Rouges

7ème album - Financement participatif

Gérard Viel

Groupe emblématique de la Normandie, Mes Souliers Sont Rouges ont repris la route des concerts en 2018. Un nouvel album va sortir au printemps prochain, et la joyeuse équipe fait appel à un financement participatif, vous avez jusqu’au 4 Février 2019 pour faire partie de l’aventure 2019 avec toute l’équipe de Mes Souliers Sont Rouges.

Rencontre avec Gullivan membre de ce groupe depuis le début !

 

 

 

Peux tu nous retracer l’histoire de ce groupe normand Mes Souliers Sont Rouges?

Le groupe a commencé sous la forme d’un trio à Caen en novembre 1991 dans les bars étudiants.Devenu un quatuor en 1992, il gagne le tremplin découvertes du Printemps de Bourges en 1994 et représente la région Normande. En 1995, nous devenons de manière systématique un quintet

au moment de la sortie du premier album « Tape la Galoche », un live enregistré à St Lô et Nashville -Tennessee, aujourd’hui’ hui double disque d’or. Il nous a permis de nous lancer dans tout l’hexagone et à l’étranger aussi, en Europe, au Québec, U.S.A et Australie . Depuis nous avons sorti 5 autres albums, ce qui fait 4 en indépendants et deux signés chez Trema/Sony puis Az/Universal. Depuis 27 ans, nous avons fait plus d’un millier de concerts et repartons sur les routes. Nous sortons notre 7ème album au printemps 2019 en indépendant.

Aujourd’hui, quels sont les musiciens qui composent l’équipe ?

Deny à la contrebasse et à la voix basse est le seul musicien à avoir enregistré tous les albums du groupe. Moi-même Gullivan, seul fondateur présent, à la mandoline, guitare, podorythmie et au chant.

Trois jeunes musiciens sont arrivés, nous les voulions tous chanteurs avant tout et poly-instrumentistes.

Tout d’abord Simon Leterrier, à l’accordéon diatonique, banjo ténor, guitare, podorythmie et chant

Jacky Beaucé à L’uilleann pipes, violon, flûte irlandaise, whistles et chant.

Et enfin Eflamm Labeyrie à la guitare DADGAD, banjolélé et chant.

Tous les trois ont magnifiquement intégré l’esprit de ce groupe et je voudrai en profiter pour saluer

l’investissement artistique qu’ils apportent maintenant dans ce projet. Le public ne s’y est pas trompé nous en a fait la remarque et les a adopté de suite . Cela fait plaisir.

 Est-ce que le projet artistique est toujours dans la mouvance québécoise des débuts du groupe ?

Il s’articule autour du travail des voix qui est une des marques de fabrique du groupe depuis ses débuts et aussi de l’envie de travailler autour de répertoire collecté auprès des anciens en Normandie par l’association La Loure. Nous avons notre son typique avec l’instrumentarium dont la podorythmie et aussi la turlute québécoise. Les nouveaux instruments viennent ajouter une touche innovante.

Vous travaillez sur un projet d’album pour le printemps, quel en sera le contenu musical ?

Des nouveautés avec ces chansons normandes, une chanson collectée par Alan Lomax dans le Michigan que m’a fait découvrir Robert Bouthillier , ethnomusicologue considéré comme le plus grand collecteur de chansons francophones d’Amérique du Nord ( c’est mon maître André Marchand qui le dit lui-même). Nous avons des suites instrumentales dont trois compositions des nouveaux musiciens en forme de bienvenue. Le lien se fait entre les générations même à l’intérieur du groupe. Il y a comme une transmission, un état d’esprit à garder ce feu vivant à travers le temps.

Comment allez vous travailler pour l’enregistrement de nouveau CD ?

Au départ, nous étions favorable à faire un nouveau Live, puis à la réflexion nos avons décidé de l’enregistrer en studio avec une nouvelle façon de travailler. Nous avons choisi le studio Kerwax à Loguivy-Plougras pour son espace, nous voulions enregistrer tous ensemble en même temps dans une même pièce spacieuse ; pour son matériel son des années 60, (la console a des tranches énormes et l’on voit les lampes à leur sommet), pour le parc micro remarquable et le savoir-faire de Christophe Chavanon. Pour le mixage, c’est David Odlum du studio Black-box qui s’en est chargé. Il est Irlandais et guitariste de formation . Il a joué avec les grands noms de Dublin et connaît cette musique ( « c’est ma tasse de thé cette musique » a-t’il dit des les premières écoutes , comment la mixer en apportant une touche très actuelle. David travaille aussi avec des stars en Angleterre comme conseiller/ arrangeur avant leurs grosses tournées. Nous avons mutuellement apprécié cette rencontre artistique. Il nous a dit avoir vraiment apprécié de mixer cet album pendant le mix et un peu après à la réécoute. C’est Christophe Chavanon qui est venu mettre la touche finale pour le mastering avec ses machines et sa touche personnelle chaleureuse.

 

Pourquoi faites vous appel à un financement participatif pour ce disque ?

Je souhaite mettre toute l’énergie nécessaire pour arriver à en faire un disque qui sorte de l’ordinaire.

Dévoiler ainsi la culture de notre région au plus grand nombre et à l’international est notre ambition.

De la démarche peu commune de porter la parole des anciens qui sont parfois encore en vie et qui nous lèguent un patrimoine que l’on enrichit de nos jeux et inventions comme un jeu sans fin, à l’enregistrement sans clic et sans casque des prises de bases en groupe, en passant par ce mixage magnifique de David, du mastering de Christophe , sans oublier le travail du visuel et bien sûr de la communication, toutes les étapes sont importantes. Il faut toutes les apprécier sans rien négliger. Cela demande un investissement et un engagement. Cet engagement nous voulons le partager avec notre public, nos fans. Nous avons la chance d’avoir des fidèles depuis toutes ces années et c’est grâce à eux que nous existons et que nous continuerons d’exister. Le disque est une étape, l’autre étape serait de faire un documentaire sur l’origine des chansons en Normandie et leur voyage outre-Atlantique avec les migrants normands partis initialement de leur Perche natal via le port de Dieppe vers la Nouvelle France. Cela demande un financement qui dépasse de loin celui du disque. Dans le contexte actuel, le financement participatif ou « crowdfunding » permet à la fois de mesurer en direct et sans filet si ton propos intéresse les gens, de plus il met en relation directe l’artiste et son public et ça , c’est le présent et l’avenir. C’est un tournant qui est réjouissant car il laisse à chacun le pouvoir de choisir et de soutenir la démarche, l’artiste ou les créateurs de tout poil. Un vent de liberté est en train de souffler, c’est une autre ère que nous vivons. Ce n’est que le début. Il y a une prise de conscience des gens face à la consommation qui commence à émerger, un questionnement qui arrive... qu’est-ce que je fais réellement de mon argent ? A qui sert mon « énergie » ? La carte bancaire devient un véritable bulletin de vote permanent.

Au regard des années antérieures quel est ton sentiment sur le monde des musiques traditionnelles, folk en France ?

J’ai toujours considéré cette musique comme vivante et donc actuelle. Elle n’a pas la place qu’elle mérite dans le paysage parce que l’industrie arrive encore à imposer son diktat « tu consommeras ce que je veux bien te donner », la musique de tradition orale a une sorte de feu sacré qui se transmet et relie les générations, chacun façonne à son tour sans rester dans un forme figée. Cela peut être déroutant, mais il sera difficile pour l’industrie de canaliser totalement, cela. On peut la jouer quoiqu’il arrive, où que l’on soit, on peut la partager, la danser, la transmettre et la recevoir que l’on soit riche ou pauvre. C’est la culture du peuple et c’est à lui seul que revient le droit véritable de la construire jour après jour loin de tout ministère ou industrie. Je suis en accord total avec James Dumbelton (Jersey) du groupe Lihou. Il est intervenu lors d’une conférence sur le patrimoine des îles anglo-normandes avec La Loure à L’université de Caen à l’automne 2018. Là , il disait simplement que nous, le peuple, avons tous les outils nécessaires pour inventer et créer notre propre culture. C’est ce qui a animé MSSR de manière balbutiante parfois, . Maintenant nous en sommes plus que convaincus. Nous appelons notre musique du folk alternatif

 

Comment envisages tu l’avenir de MSSR dans les 10 années à venir ?

Il y a maintenant deux socles pour le groupe : le concert et la médiation/ Transmission. Nous sommes en lien avec La Centrifugeuz, (http://centrifugeuz.org/ ) tous adhérents de ce collectif d’artistes et de citoyens situé à Caen dans le quartier populaire du Chemin Vert. Les premiers stages/ateliers auront lieu en mars 2019 ( Voir le pack sur Ulule). Nous souhaitons à terme initier un mouvement de transmission dans les locaux, une école peut-être ? Sur 10 ans c’est jouable. Chaque musicien animera un stage le dimanche 24 mars 2019. Concernant la tournée, nous envisageons de partir à l’étranger dès 2020. Avec un souhait très fort de rencontrer L’Allemagne. 2021 Marquera les 30 ans du groupe, on souhaite le fêter. Voilà, sur les 10 ans à venir, il y aura certainement un regard particulier sur la création, l’invention et la transmission.

 

Lien Ulule : https://fr.ulule.com/mssr-album/

 

Contact : https://souliers-rouges.com