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Des mondes de musiques

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Nuit de l’Accordéon

Dans la boite à frisson tout est bon !

Philippe Krümm

Les 22,23 24 Novembre 2019 résonnait à la salle des fêtes de Cavan la première édition de la Nuit de l’Accordéon. Joli moment de musique organisé par Ti ar Vro Treger-Gouelou une association très bretonne bien ancrée dans le territoire trégorois.

Comment ! Vous ne connaissez pas Cavan ? C’est un village des Côtes d’Armor : Latitude 48.6667 Longitude -3,35. Quand vous sortez de la 4 voies en provenance de Guingamp vous entrez dans le village (1530 habitants au recensement de 2016) Et là sur votre gauche « chez Jacqueline ». Un café épicerie.

 

Jacqueline dans son bar - photo DR-

Voilà 35 ans que dame Jacqueline, ne lâche pas la place, on ne parlera même pas d’horaires ni de jours. C’est une institution. Arrêtez vous et demandez un sirop de Violette et les nouvelles du pays. Avec votre sirop couleur pastel, vous serez une exception, car la spécialité c’est évidemment la bière. « Jacqueline » serait un des plus gros débits de breuvage fermenté des Côtes d’Armor !!! Vous n’êtes plus qu’à 200 mètres de Ti Ar Vro, la destination finale pour la Nuit de l’Accordéon et comme on dit au pays « Un tel évènement vaut bien un « échauffement » et celui-ci ne peut se faire chaque jour que chez Jacqueline ».

Présentation en breton, du concert du vendredi soir par Julien Cornic, Directeur de Ti Ar Vro - Photo DR.

Prenons un peu l’histoire à l’envers. Le dimanche matin avant d’attaquer la dernière journée de la Nuit de l’Accordéon, toujours chez Jacqueline, en compagnie de Sandy chanteuse et directrice de la Ludothèque et de Julien sonneur et directeur de Ti Ar Vro- Je feuilletais tranquillement la presse locale du matin et je voyais qu’un évènement « breton » dans la capitale celtique était plus que fier d’avoir eu encore plus de monde que l’année précédente.

Soirée Ludothèque chez Jacqueline avec sandy Crampon - Photo DR-

Là, dans le bar historique du 10 rue Henri et Charles Avril à Cavan je pensais à ces immenses centres commerciaux, hors les villes, paradis de la consommation, qui ont asséchés la vie des villages en aspirant les petits chiffres d’affaires indispensables à l’existence des boutiques de centre-bourg : boucherie, charcuterie, boulangerie, café… Alors qu’un évènement comme la Nuit de l’Accordéon et les dizaines de fest-noz et concerts à « taille humaine » (C’est vrai que le terme est un peu usé mais je n’en trouve pas d’autres pour parler des relations humaines indispensables à la vie des villages) font briller les salles communales - « qui servent à tout, qui servent à rien » comme dit le conteur Yannick Jaulin en spectacle à Guingamp le même jour - Mais qui sont indispensables. (On peut se rendre compte de ce Foisonnements de résistants musicaux et dansants sur Tamm-Kreiz et Agenda Trad )

Hors donc comme pour les chiffres d’affaires des entreprises cotées en bourse, le plus grand fest-noz de l’univers, proclame dans le journal des chiffres de fréquentation à 3 zéros. Il y a peu de temps un autre « hyper marché de la musique » gonfla le torse en annonçant que pour son édition 2020 il avait programmé la star la plus chère de son histoire, qu’il n’avait jamais payé autant pour un(e) artiste. Quel courage. Quelle référence. C’est cher ! Ce doit être de la qualité ?

Mais chacun est libre de faire ce qu’il veut. Ces derniers font tout avec leurs propres « sous », pas de subventions, ce qui n’est pas le cas de certains « jeunes » mammouths qui se rêvent plus gros que les déjà gros… La encore : belle ambition, beau programme… Le mammouth me semble la bonne bête pour réfléchir. Le Pachyderme de la distribution disparu en 2009, avalé par un plus gros que lui. Allez les gars de la « culture », vous en avez encore beaucoup à dévorer. Cela nous réserve un avenir radieux, riche de diversité …Diversité en voilà un mot qui à lui seul est tout un programme culturel, surtout quand on parle de musique. Mais c’est un autre débat…Quoi que ?

Revenons sur le terrain : Merci aux bénévoles et aux échotiers locaux, en voilà des indispensables « les besogneux merveilleux de l’information », admirables par leurs performances, capables de suivre un nombre impressionnant d’évènements en tous genres, chaque jours et surtout les week-ends. Ils ont relayé la Nuit de l’Accordéon et tant de manifestations de tous styles. Citons : le Trégor, Ouest France, le Télégramme, les radios locales et les locales des radios nationales …Pour ces dernières, l’avenir ne semble pas brillant.

Je réalise que je me disperse.

Donc vendredi soir 20h, concert d’ouverture : Youen Bodros, Christophe Correc, Gwénaëlle Pineau, Sébastien Bertrand, professeurs d’accordéon diatonique (ou "modèle bisonore" pour les spécialistes) sur le département, à l’origine de cet événement, avaient fait une belle série de répétitions pour nous présenter un concert formidable devant une salle comble. À la sortie, nombreux étaient les spectateurs se demandant ou l’on pouvait acheter le disque. Leurs jeunes élèves eux étaient fiers d’avoir vu leurs professeurs, sur scène, obtenir un tel succès.

 

Le beau concert : Youen Bodros, Christophe Correc, Gwénaëlle Pineau, Sébastien Bertrand - Photo DR -

Jour 2, Samedi. Passage obligatoire chez Jacqueline et mise en place du stage pour le Grand Orchestre Huiban. On attendait 40 musiciens, ils furent 82 face au Maître et son Chromatique, Avec une belle variété d’instruments, ce qui constitua un Grand Orchestre aux sons multiples et flatteurs. Durant trois heures ils répétèrent, pupitre par pupitre, sous la houlette bienveillante mais précise du chef du Grand Orchestre : Régis Huiban. Il ne fallait pas s’endormir, le but était d’ouvrir le fest-noz du soir, ce qui fut fait des 21h devant une salle encore comble (ça devient lassant) dansant avec un plaisir sans retenu la suite de trois gavottes interprétées par le G.O.H. Les plus jeunes avaient un incroyable trac avant de commencer, mais l’aventure terminée, ils l’a trouvèrent un peu courte et se jurèrent de recommencer au plus vite. La salle surchauffée par le nombre de danseurs résonna pendant plus de 4 heures de danses au son des accordéons tant chromatiques, que diatoniques, en solos ou en groupes de : Le Gall-Carré/ Moal, Patrick Lefebvre, Régis Huiban, Messager /Le Gallic, Kerdoncuff/Le Floc’h/ Berthou. Que du beau monde je vous dis !

 

Jean Le Floc'h - Photo DR -

 

Le Gall-Carré et Moal - Photo DR

Gaby Kerdoncuff - Photo DR-

Patrick Lefebvre - Photo DR -

Thomas le Gallic - Photo DR - Ps et à noter la décoration de fond de scéne conçue par le Directeur de Ti Ar Vro Julien Cornic.

Dimanche après avoir lu la presse comme commentée précédemment, mise en place des stands d’accordéons de : L’Atelier Loffet, Le piano à Bretelles, Fanch Loric accordéons, Antoine Ematoberea et la présence de Patrick Sinigaglia un des responsables de l’Institut Technique Européen des Métiers de la Musique ITEMM  .  Où se sont formé un grand nombre de nouveaux fabricants, réparateurs, accordeurs d'accordéons, pour la plupart aujourd'hui dans leurs propres ateliers.

 

Les stands des "fabricants" - Photo DR -

En présence également d’Alain Pennec venu en éditeur et de Camille « Les mains sur les Anches » . Réparatrice accordeuse d’accordéons, en provenance du Mans, mais bientôt bretonne avec un beau projet d’atelier itinérant. Elle fut sollicitée, à peine sa caisse à outils ouverte, et ce, jusqu'à la fin de la Nuit de l’Accordéon.

Camille en action - photo DR-

 

Il était une fois l'accordéon : Philippe Krümm - Photo DR -

À 16 h débuta une causerie. Devant un dense parterre de curieux et d’amateurs de boest an diaoul, on parla pendant 1heure 30, en relation avec la projection de nombreux documents et d’illustrations musicales au fil du texte par Régis Huiban interprétant des airs composés par Émile Vacher, de l’histoire des instruments à anches libres et d’Émile Vacher créateur du genre musette et de la java, originaire par sa mère de Plumelec dans le Morbihan. Savoir que le musette et la java sont en partie Breton en a étonné et satisfait plus d’un et d’une… Les trois jours se terminant sur un réel succès.

Quand on organise une manifestation pour la première fois, on doute toujours, alors les jours précédents l’équipe organisatrice rigolait de la phrase fétiche d’un éditeur phonographique que l’on aime beaucoup, producteur du dernier disque de Yann Fañch Kemener : « Méfions nous, nous ne sommes pas à l’abri de la réussite ! » Puisque cela vient d’arriver, maintenant il va valoir la gérer, cette réussite.

Que vont-ils faire pour la Nuit de l’Accordéon 2020 qui ne manquera pas de voir le jour ? Mais vous l’aurez compris toujours avec de la qualité, une ouverture musicale et l’humain étant la base incontournable d’un tel rendez vous.

Les photos sont de Julien Cornic, Philippe Krümm, Serge Le Berre ...

www.tiarvro22.bzh