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Des mondes de musiques

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Rencontre avec Calum Stewart, un écossais vivant en Bretagne et maître du uilleann pipe irlandais

Une musique puissante, avec des variations de notes basses et aigues qui apportent des sonorités contemporaines

Gérard Viel et John Bro

Quand on parle de musique traditionnelle, on fait le plus souvent référence à des racines et à un patrimoine régional. Pour Calum Stewart c’est une réalité qu’il affirme dans sa musique celtique contemporaine. Il est devenu un des joueurs de référence de l’incroyable cornemuse irlandaise le uilleann pipe. Après différentes expériences musicales au sein du groupe écossais Manran, de l’accordéoniste gallois Jamie Smith’s Mabon, du duo Calum et Heikki, il se décide pour l’aventure personnelle entouré de musiciens de référence de la scène bretonne : Ronan Pellen (Cistre), Gilles Le Bigot (Guitare), et Yann Le Bozec (Contrebasse). Calum est un compositeur sensible, qui n’a pas besoin de mots pour exprimer ses émotions. Avec une musique innovante dans la mouvance celtique revisitée, il embarque ses auditeurs dans des chemins ou se rencontrent l’âme et le cœur d’un imaginaire irlandais sans frontières.

Où êtes tu né ? Et quelle est ton éducation musicale?

Je suis né à Aberdeen dans le nord de l’Ecosse, dans le village de Garmouth, Morayshire. J’ai grandi dans une famille ou la musique était très présente, car tout le monde jouait d’un instrument ou chantait. La collection de disques de mes parents était un éventail de différentes musiques traditionnelles, sans rapport avec notre région, comme par exemple Sean O’Riada et les Chieftain. C’est ainsi que j’ai entendu pour la première fois le uilleann pipe. On ma souvent emmené aux Ceilidh (soirées de danses traditionnelles), et le son du violon traditionnel résonne dans mes oreilles depuis l’enfance.

Peux-tu nous raconter comment le uilleann pipe est entré dans ta vie ?

Le son du uilleann pipe est l’un de mes premiers souvenirs de mon enfance, je me souviens très bien d’avoir souvent écouté des enregistrements de cet instrument avec mes parents : Davy Spillane, Les Gars du Lough, The Chieftains, Paddy Moloney, Seamus Ennis. Ce son a toujours était familier pour moi, mais le fait d’en avoir un, est arrivé bien plus tard. C’était une chose assez rare dans le nord de l’Ecosse dans les années 80.

Peux tu nous parler de l’histoire du uilleann pipe, et de la technique de jeu.

L’ancêtre des uilleann pipes est le « Pastoral Pipes », qui étaient fabriqués et joués en Irlande ou il était très populaire. Il y en a de beaux exemplaires à Aberdeen et Edimbourg en Ecosse, tandis qu’il y a beaucoup d’excellents exemplaires en Irlande. En tant qu’instrument, les « Pastoral Pipes » furent presque complètement perdus ou plus précisément remplacés lentement par les uilleann pipes au fil du temps. Ce sont les Irlandais qui l’ont vraiment fait évoluer, étendant la gamme et ajoutant des nouvelles caractéristiques tels que les régulateurs (simple accompagnement d’accords) dans la forme actuelle de ceux que nous connaissons aujourd’hui. Les fabricants maitrisant les uilleann pipes étaient les Irlandais. Ainsi, aujourd’hui nous pouvons dire, qu’il s’agit d’un instrument irlandais. Néanmoins, en dépit d’être Ecossais, je n’ai pas de problèmes à jouer ce merveilleux instrument et d’y faire sonner ma propre musique. Gamin, j’ai commencé à jouer de la flûte (tin et low whistle), et cela m’a donné une bonne base pour jouer la uilleann pipes. La gamme et le doigté sont similaires, et la tessiture (2 octaves) est aussi la même. La coordination de la poche, des soufflets et de la chanterelle, et puis plus tard des bourdons et régulateurs (accords) vient petit à petit. Il y a toujours des choses à apprendre avec le jeu de l’instrument, et les anches à l’intérieur des pipes sont fascinantes, et parfois capricieuses.

Comment as tu débuté ta carrière musicale ?

Quand j’étais encore à l’école, mon premier travail était de jouer la musique traditionnelle dans des soirées Ceilidh dans ma région natale. En vieillissant, j’ai voyagé partout en Ecosse, ensuite en Irlande, en Angleterre, au Pays de Galle, et en Bretagne. J’ai rencontré beaucoup de musiciens et j’ai joué dans une variété de groupes pendant plusieurs années avec différents instruments. Très tôt j’ai su que mon son préféré était le son acoustique de la guitare, du bouzouki et de la contrebasse. Cela représentait tout ce que je cherchais, peu importe que je joue mes uilleann pipes ou mes flutes, c’est le son où je me sens le plus naturel.

Préfères tu jouer en solo, en duo, ou en groupe ?

Il n’y a pas de règle pour le nombre de musiciens dans un groupe, mais l’essentiel c’est la personnalité de chacun. Je pense qu’il est très important de jouer avec des personnes qui ont la même énergie et compréhension que vous dans la musique traditionnelle. Souvent ce sont des musiciens qui ont grandi dans la même tradition que vous, mais pas toujours. Parfois des connexions et liens très intéressants peuvent arriver à travers les frontières et des traditions de chacun. Dans mon expérience, les Ecossais, les Irlandais et les Bretons s’entendent très bien musicalement. Ce n’est pas une surprise que ce sont les musiciens avec lesquels je joue le plus souvent.

D’après tes différentes expériences musicales, quelle a été ta motivation à produire ce CD, « Tales from the North » ?

« Tales from the North », est une réflexion personnelle sur mon pays natal; ses histoires, ses légendes, ses peuples, et ses lieux. J’ai grandi avec ces éléments dans mon enfance, donc écrire la musique de cet album a été un processus très naturel. Un grand pourcentage de la musique est composé dans le style traditionnel. Où que je soies dans le monde, le Nord de L’Ecosse reste toujours avec moi, et malgré les années ces histoires et endroits ne m’ont pas quitté. Je n’essaie jamais délibérément à écrire / composer de la musique, mais après un certain temps des idées se forment au tour des inspirations. Mon inspiration la plus forte, me vient de l’Ecosse.

Comment as tu choisi les musiciens qui jouent avec toi sur l’album ?

Pour enregistrer ce CD j’ai invité les musiciens que je préfère, de l’Ecosse, de l’Irlande, et de la Bretagne. Ce sont des personnes avec lesquelles j’ai joué dans d’autres groupes, ou partagé des « sessions », et avec qui j’ai une réelle connexion. Les choisir c’était facile puisque ce sont des musiciens avec lesquels j’ai le plus aimé jouer, et ceux dont j’apprécie le plus le son.

Quel genre de musique écoutes-tu en général ?

Différentes musiques traditionnelles a la maison, mais aussi la musique classique que j’adore.

Quel est ton sentiment sur la musique folk en France ?

Ma première rencontre avec la musique folk en France fut en Bretagne, il y a très longtemps. Je considère la Bretagne comme ma seconde patrie, après l’Ecosse ! J’adore la musique Bretonne, et je découvre de plus en plus la musique venant d’autres régions de France.

Est-ce plus facile d’être musicien en France qu’en Ecosse ?

J’ai toujours senti un accueil très chaleureux, depuis le début de mon séjour en France. Je me sens très chanceux d’être capable d’appeler la Bretagne ma seconde maison. Je pense que la musique traditionnelle, permet en général de connecter les gens… qu’ils viennent de différents horizons, et quels que soient les endroits où ils vivent.

Quel est ton meilleur souvenir de concert en France ?

Beaucoup de super souvenirs ! Et pour tellement de raisons différentes ! Bien sur, les grands festivals tels que Lorient, Quimper Festival de Cornouaille et les Traversées Tatihou sont tous des moments incroyables, avec ces grandes scènes, un public nombreux et des moments collectifs. La tradition des concerts acoustiques des églises de Bretagne est totalement magique pour son « feeling » très spécial et intime. Récemment, j’ai joué dans l’extraordinaire Château des Ducs de Bretagne à Nantes, et cela m’a beaucoup marqué. Mais, la taille n’est pas si importante; je pense qu’il est essentiel de s’adapter et de savourer chaque concert comme des moments uniques, et de ne jamais oublier que ce sont les gens / le public qui font qu’un concert soit spécial !

Contact : http://www.lennproduction.fr/

Site web : https://www.calum-stewart.com/

Lire aussi la chronique du disque de Calum Stewart : Tales from the North par Philippe Cousin : CLIC