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Des mondes de musiques

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Rencontre chaleureuse avec le trio EDF

En Route pour la Gloire !

 Gérard Viel

Patrick Ewen, Gérard Delahaye et Melaine Favennec sont des amis, des passionnés de la vie, de la chanson et de leur patrimoine de la Bretagne, mais également ouvert sur le monde et influencés par le folksong des États Unis. Ce sont des engagés du spectacle vivant, des faiseurs de rêves, qui viennent de produire un album « En route pour la gloire » clin d’œil à Woody Guthrie un autre grand artiste du monde folk.

Qu’est-ce qui vous motivent à produire des disques en 2019 ?

Patrick Ewen / Rien ne me motive pour sortir un disque, si ce n’est le plaisir de retrouver mes compagnons Gérard et Melaine pour travailler en leur compagnie.

Gérard Delahaye / Il est vrai que l'on vend de moins en moins d’albums physiques aujourd'hui. 1ère raison : si on n'en fait pas, on n'existe plus : on disparaît des media (la preuve : on est ici sur 5 Planètes, à cause de l'album !). 2ème raison : un album, c'est une étape, un caillou blanc sur la route qui dit, autant pour le public que pour nous : « le Trio EDF was here cette année-là ». 3ème raison : un album, c'est aussi toujours un défi : est-on capable de le réaliser, d'arriver au bout ?  Ça nous aide, ça nous force aussi à avancer. 4ème raison :  cerise sur le gâteau, c'est aussi l'occasion de passer de bons moments.

Melaine Favennec / Sortir un disque, c’est marquer une étape supplémentaire. Une manière concrète de continuer un lien avec notre public.

Quelles sont vos sources d’inspiration musicales et artistiques ?

P E / Nombreuses, mais basiquement les ballades de folksong surtout irlandaises et écossaises, mais il faut qu’elles racontent des histoires.

G D / Là-dessus, je pense qu'on convergera tous les trois. En ce qui me concerne c'est chronologiquement : la chanson française, puis la pop des années 60 et les Beatles en particulier, puis le folk, américain d'abord, puis la tradition bretonne et celtique, écossaise, irlandaise.  Mais j'ai aussi joué du jazz pendant quatre ans quand j'étais ado. Donc c'est un cocktail assez coloré. Nous en partageons tous les trois tous ces ingrédients, à des proportions diverses.

 M F / Les mélodies bretonnes m’inspirent particulièrement comme les mélodies écossaises.

Comment avez-vous travaillé pour ce nouvel album ?

P E / Gérard et Melaine ont œuvré pour le dernier disque concernant les textes et les musiques. Gérard pour la réalisation financière et artistique. Moi je viens aquareller les morceaux avec un peu d’harmonica, d’accordéon et de violon ! et je fais également les voix graves.

G D / Comme pour les précédents : des petits séjours ensemble, de trois journées en général. Au tout début, on se présente les chansons, qui doivent être acceptées à l'unanimité par le triumvirat (duralex, sed lex !). Ensuite, on tourne autour du pot pour chaque titre, jusqu'à ce qu'on fasse peu à peu émerger l'arrangement, qui est conditionné aussi par nos qualités ... et nos défauts. L'ensemble s'est étalé sur six mois environ.  Cette fois, nous avons pris le parti d'enregistrer entièrement dans mon home studio : coudées franches.  Pour la troisième phase, j'ai enregistré Cedrick Alexandre, le bassiste contrebassiste, et le quartet vocal Barbaloutig. Il y a eu aussi une journée superbe pour enregistrer, à Plounéour Menez dans les Monts d’Arrée, le Ploun Fiddle Band, l'orchestre d’une trentaine de violons qui accompagne Patrick Ewen et Annie Ebrel sur la chanson irlandaise Blarney Stone.  J'étais dans mes petits souliers, techniquement, car c'est quelque chose que je n'avais jamais fait, un enregistrement de groupe en direct. Mais au final le son est correct et vivant.  Quant au mixage, c'est très délicat : je préfère le laisser à un "vrai" ingénieur, qui travaille, bien sûr, en fonction de nos demandes artistiques.

M F / De nombreux rendez-vous et des échanges de fichiers numériques.

Quel regard portez-vous sur la musique, les productions d’album en général en France en 2019 ?

P E / Aucun regard ! Peu de choses me touchent ! Je vis dans un univers très loin de ce qui se fait en ce moment.

 G D / Il y a beaucoup de choses intéressantes, mais je dois dire que suis noyé sous la quantité. En Bretagne, Barbaloutig me semble une valeur sûre : jeunesse, bonne formation musicale, et grande ouverture d'esprit. L'école de la Kreiz Breizh Akademi donne vraiment de beaux résultats. Je craque pour Kathleen Mac Inness, mais aussi pour Angèle et sa fraîcheur, Hugh Coltman, ou Piers Faccini qui réussissent un très beau mélange de genres, ou Matthieu Boggaerts. Mais dans mes playlists sur Spotify, je dois dire que j'ai de plus en plus de musique classique.

M F / La pensée unique gagne les productions qui ont la même obligation de réussite dans un temps très court. Dans les années 70, les chanteurs ou musiciens rêvaient plus. Aujourd’hui ils sont plus conscients des choses et c’est ce qui les paralyse. Normalement cela ne devrait concerner que les gros vendeurs mais même ceux qui ont une réalité économique faible résonnent de la même manière. C’est ça la pensée unique. J’espère vraiment que des jeunes musiciens vont réussir à échapper à tout ça. J’établie en permanence des liens entre agriculture et culture. Donc, j’ai bon espoir.

 

Quelle image de la Bretagne avez-vous aujourd’hui ?

P E / La Bretagne (mais surtout le Finistère) reste l’endroit au monde où il fait bon vivre. Et lorsque j’en sors, c’est pour constater avec plaisir qu’elle a toujours une image mythique.

 G D / Je n'ai pas vraiment de vision d'ensemble. Mais le niveau des musiciens est vraiment très élevé. Quelle évolution formidable depuis les années où nous avons commencé

 M F / La Bretagne ne m’intéresse que parce qu’elle est à la fois, une histoire, un rêve et surtout des gens. Des beaux pays, il y en a partout.

Vous devez partir tous les trois sur une île déserte, quels sont les trois albums que vous emporterez ?

P E / Kristen Noguez: Kerneleg

Monterverdi : Les vêpres de la vierge (ensemble de Lausanne / Direction Michel Corboz)

Skara Brae : Ba’nchoic

G D / Tous les trois ? ce serait compliqué ! pour ma part, il y aurait un album de Brassens, Sergent Pepper des Beatles, et... la petite messe solennelle de Rossini, que j'ai découverte l'an dernier, et qui est véritable feu d'artifice de mélodies. Rien de breton ou celtique ? Renaissance de la harpe celtique de Stivell. Ça fait quatre ! c'est vraiment trop peu. Alors, je me noierais sans doute sous le poids des bagages, car il m'en faudrait au moins une douzaine d'incontournables !  Mais je sais que Patrick ou Melaine m'apporteraient les couleurs manquantes. C'est aussi ça notre force : la complémentarité.

 M F/ Sergent Peppers des Beattles  

In a silent Way de Miles Davis

Les Chants de travail des îles Hébrides (Ocora/ Radio France)

Avec quels artistes ou groupes souhaiteriez-vous partager la scène ?

P E / Ce sera chose faite le 20 Octobre 2019 pour les 20 ans du trio EDF au Roudour à Morlaix. Il y aura avec nous Gilles Servat, Try Yann, Barbaloutig, Annie Ebrel, et le Ploun Fiddle Band ! Ce sera formidable.

 G D / Joan Baez, pour ce qu'elle a apporté à notre jeunesse, Les Chieftains, ce serait merveilleux, ils ont une musicalité extrême. Camille : elle a du génie ! et allez donc, pourquoi pas Mark Knopfler ? Mais en fait je suis aux anges de partager la scène avec mes deux potes Patrick et Melaine.

M F/ Dernièrement, j’ai pensé à Alain Souchon.

Dans quel endroit, salle, scène auriez-vous envie de produire pour le dernier concert de votre carrière ?

P E / La salle polyvalente de Plouéour Menez dans les Monts d’Arrée, qui m’ont tant donné !

 G D / Ce n'est pas demain la veille, j'espère ! d'autant qu'un dernier concert, ça doit être triste. On fera pleurer nos millions de fans !!! Mais je garde des souvenirs très forts de festivals comme Monterfil, ou la Bogue d'or à Redon. Le public y est totalement à l'unisson avec nous. Pour faire chic, je dirais aussi une salle où les Tri Yann ont fait notre deuxième partie il y a déjà un bon bail : l'Olympia, qui est un lieu à la fois grand et vraiment chaleureux (ça, c'était juste pour frimer un peu !). Mais pourquoi pas un grand festival international de folk ? Ça serait superbe. On fête nos 20 ans de Trio à Morlaix le 20 octobre, avec plein d'invités, mais non, ce ne sera pas un concert d'adieu.

 M F / Dans une petite salle mais je ne sais pas où, sans doute au plus près de la vie que je mène.

Contact : https://www.ipisiti-spectacles.com/trio-edf