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Des mondes de musiques

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Rencontre Perrine Vrignault et son projet de « Chanson Traditionnelle Progressive »

FESTIVAL HET-LINDEBOOM JEUDI 22 JUILLET À LOON-PLAGE

Gérard Viel

Perrine Vrignault est sur la route depuis de nombreuses années, en tant que chanteuse, et accordéoniste. Elle voyage habilement dans le répertoire des chansons traditionnelles du Poitou mais avec un regard contemporain dans la présentation et dans les arrangements. Rencontre avec une artiste engagée, qui porte un regard nouveau sur ces chansons, tout en permettant au public d’écouter avec ses pieds et de danser avec son cœur !

 

Quels sont les liens entre Perrine Vrignault, Ma Petite et Le Moulin de Roses ?

Ma Petite s'est créée en 2017 dans le cadre d'un concert de fin d'études (CEPI chant traditionnel) de Perrine Vrignault. Perrine est la chanteuse de ce projet, elle propose le répertoire, rythme les complaintes qui sont ensuite arrangées et modifiées par l'ensemble du groupe. Ce dernier se compose de Maxime Barbeau à l'accordéon diatonique, Maxime Dancre à la batterie et aux percussions et de Thomas Foessart au Saxophone Soprano. Les textes sélectionnés parlent de jeunes femmes, de leurs aventures, leurs chagrins etc.…Le répertoire est arrangé sur des rythmes de danses traditionnelles poitevines. Le Moulin des roses est une création 2020/2021 du groupe Ma Petite. En 2019, nous avons enregistré notre premier album et Thomas Fossaert nous a proposé un arrangement avec 4 cuivres sur une berceuse « dort mon petit gars », le dernier morceau de l'album. L'idée nous a enchanté et Le Moulins des roses est né. La Thématique ne change pas mais la danse ne devient plus centrale dans l'arrangement. En créant le Moulin des roses, nous souhaitons toucher un public différent, valoriser ce répertoire et toutes les personnes qui portent cette poésie populaire.

 Parle nous de ton parcours musical et la place de la musique dans ta vie

J'ai commencé par l'accordéon diatonique à l'âge de 7 ans au conservatoire de Bressuire (79) avec Jean Marie Jagueneau puis j'ai découvert le chant à l'âge de 18 ans en suivant les cours d’Éric Desgrugillers (musicien et responsable des archives sonores à L'AMTA) à Clermont Ferrand. J'ai étudié à Poitiers pour passer mon DUMI (diplôme universitaire des musiciens intervenants). En 2014 j'ai suivi une formation de trois ans (CEPI) pour me spécialiser dans le chant traditionnel poitevin. La musique a une place essentielle dans ma vie, surtout la musique traditionnelle. Étant petite, ma mère nous amenait avec ma sœur au Bal et en Fest-noz. Nous avons appris à danser très jeunes. J'ai eu la chance de rencontrer des musiciens qui m'ont permis d'aborder ces musiques de façon différente comme Julien Padovani (musicien, compositeur et arrangeur). Il est notre conseiller artistique et nous accompagne depuis le début de cette aventure. La richesse du Moulin des roses, c'est que chaque musicien vient d'univers variés, c'est ce qui construit notre identité musicale.

 Comment s’est composée l’équipe de musiciens qui sont autour de toi dans cette aventure ?

Pour « Ma Petite », j'ai rencontré Maxime Dancre en 2011 au CFMI de Poitiers. Depuis c'est un musicien avec lequel j’ai l’habitude de travailler dans différents projets. Maxime joue de la batterie avec finesse et s'inspire des rythmiques de musique du monde, ce qui rend son jeu particulier et doux. Maxime Barbeau est un musicien que je connais depuis longtemps, nous avons participé à divers stages et festivals liées aux musiques traditionnelles. J'avais envie de jouer avec lui car son jeu d'accordéon est inhabituel dans cette esthétique. Son jeu de basses et ses influences « hip hop », permet d'asseoir la musique dans un groove imparable. J'ai rencontré Thomas Fossaert à Poitiers. J’aimais sa présence musicale, donc je lui ai proposé de rejoindre le groupe. Thomas est un musicien sur tous les fronts et ses improvisations sont justes et incarnées. Il utilise aussi bien le saxophone pour accompagner les thèmes que pour mener des parties improvisées. Le Quatuor de cuivres s'est dessiné différemment. C'est Thomas et Maxime Dancre qui ont choisi les musiciens. Plus jeune, Thomas jouait dans un orchestre avec Quentin Sécher, corniste du Moulin des Roses. Pour Thomas il n'y avait pas de personne mieux adaptée à ce projet. Valentin, Nicolas et Paul, sont des musiciens présents sur notre territoire mais aussi d’excellents improvisateurs. Ils travaillent avec Maxime Dancre et Thomas depuis quelques années. Nous avions besoin de personnes qui connaissent les musiques classiques mais aussi l'improvisation. Le quatuor de cuivres c’est rencontré pour la première fois lors de l'enregistrement de notre album. Ils ont rapidement trouvé un son singulier et homogène grâce à leurs compétences.

 Comment as-tu travaillé avec les musiciens pour les arrangements ?

Nous avons procédé de différentes façons pour monter ce répertoire. Nous trouvons l'harmonie de façon individuelle ou collective. Ensuite chaque instrumentiste développe sa propre partie selon sa pratique instrumentale. Une fois ce travail établi, Thomas Fossaert saxophoniste du groupe fait l'orchestration pour le quatuor et édite les partitions. Il est aussi arrivé que Thomas écrive l’intégralité de l'arrangement. Puis en septembre 2020, nous avons commencé les résidences avec le quatuor de cuivres pour créer un son commun et affiner le travail d'écriture. Les arrangements et le choix du répertoire se sont dessinés en l'espace d'un an et demi.

 L’ensemble des morceaux présentés ont des sonorités musicales assez loin de l’image habituel du répertoire trad ?

En effet, nous essayons de nous inspirer d'artistes qui ne viennent pas essentiellement des musiques traditionnelles. Nous créons en fonction de ce que nous écoutons. Nous souhaitons rendre ces musiques accessibles, créer un univers où nous nous épanouissons et où nous improvisons. De plus, chaque musicien a une personnalité musicale singulière ce qui génère l’identité de ce groupe. Il y a dans le Moulin des roses, des sonorités baroque, classique, mais aussi plus actuelles (pop, rock). L’orchestration nuance le spectacle, accompagne finement ces chansons tout en préservant la transe initiale des musiques traditionnelles. Je ne sais pas si nous pouvons parler de musique traditionnelle, mais plutôt de musique s'inspirant de chansons traditionnelles francophones.

 Comment as-tu travaillé pour le choix de ton répertoire ?

Je passe beaucoup de temps sur les bases de données du CERDO (centre d'étude et de recherche et de documentation sur l'oralité) à Parthenay (79) et j’ai un catalogue de chansons (Coirault) où je choisis une partie des textes. J'essaie de chercher des chansons qui ne sont plus ou peu chantées dans notre territoire. Pour ce projet, j'ai écouté le répertoire de plusieurs femmes comme Sidonie Giraud, Providence Bouteau, Madeleine Rouger ou encore Mme Migot. Souvent, je modifie les mélodies initiales, je rythme les chansons ou je compose sur un texte qui m’intéresse. Je sélectionne des chansons qui parlent de séparation, de relations sociales, de criminalité.  Elles racontent le quotidien d'une époque et parlent de jeunes femmes qui sont les protagonistes de ce concert.

 Pourquoi avoir privilégié les chansons sur le thème de la femme ?

Car je suis une femme et ce répertoire est omniprésent dans les musiques traditionnelles. On parle de bergères, de jeunes filles abandonnées, de mariage qui ne sont pas toujours choisis, d'enlèvements, de départs, d’abandons…Les personnages féminins sont régulièrement sous l'autorité de leur père, leurs frères, leur mari. J'avais envie de raconter leurs histoires, parler de leur vie quotidienne, des dangers qui les entourent. Pour moi, ces chansons raisonnent dans notre actualité et les chanter, les faire exister me permet de ne pas les oublier.

 Comment va se dérouler le concert sur la grande scène du festival Het Lindeboom. ?

Ce sera notre deuxième prestation. Nous avons eu la chance de présenter ce spectacle au théâtre de Poitiers (86) en juin 2021 devant nos amis, nos familles... Il n'a pas encore été joué devant des personnes qui ne nous connaissent pas. Nous sommes impatients de voir leurs réactions.

 Contact : http://mapetite.fr/