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Des mondes de musiques

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Valentin Barray - Mirages

Pianiste et compositeur ! Piano solo pour danses traditionnelles !

Gérard Viel

Issu d’une famille de musiciens, son père Laurent Barray (Marée de Paradis), joue et enseigne l’accordéon diatonique. Ce jeune pianiste talentueux et sensible nous offre une musique à danser dans les mouvances trad. et uniquement avec son piano ! Projet artistique insolite ; qui mérite toute notre attention, car ce compositeur normand nous offre « Le bal du siècle » ou « L’amourturne » rencontre la « Valse des mirages » au cœur des « Ruines » de la belle « Mélisande » en « Flamme ». Rencontre chaleureuse avec un artiste à l'émotion au bout de ses doigts, qui donne une nouvelle image contemporaine de nos musiques soit disant d’hier !

 

 

Parle nous de ton parcours musical ?

J’ai commencé le piano et la musique quand j’étais enfant « à l’oreille », et je jouais souvent avec mon père Laurent, qui est accordéoniste diatonique. A cette époque, nous jouions des airs de répertoire traditionnel, du folk, et de la chanson. Et puis, il y avait souvent des musiciens, qui passaient à la maison. Il m’arrivait fréquemment de jouer avec eux. C’était une excellente approche car j’ai pu appréhender le piano et l’armonie musicale, un peu comme on apprend une langue maternelle. A l’âge de 10 ans, j’ai fait mes premières apparitions en concert, toujours avec mon père et également avec d’autres groupes, (j’ai notamment joué dans les festivals de chant de marins de Boulogne sur mer et Calais avec Marée de Paradis.). J’ai également exploré le continent musical de la musique traditionnelle québécoise. Toutes ces aventures m’inspirent encore énormément dans mes créations, et pour mes envies musicales. Plus tard, le piano a pris une place de plus en plus grande dans ma vie. A J’ai étudié la musique classique au conservatoire de Rouen où j’ai eu mon D.E.M. avant de me perfectionner Outre-Manche au Royal College of Music de Londres. Là-bas, j’ai suivi l’enseignement de profs qui m’ont beaucoup inspiré : Il y avait Mike Moran (qui était le pianiste de Queen, George Harrison, producteur de David Bowie) pour les musiques improvisées et Pascal Nemirovski pour le piano classique. C’est ce dernier qui m’a encouragé à composer et écrire pour la musique de film. De retour en France, je deviens artiste en résidence à la Cité Internationale des Arts de Paris. Sur un projet autour du piano, musique et danses traditionnelles ! Et c’est là que j'ai commencé à composer pour le bal folk. J’ai fait mes premiers essais sur quelques scènes de bals et puis cela a pris de l’ampleur ! Aujourd’hui, je me suis installé à Rouen, où j'ai ma petite école de piano et je suis souvent en vadrouille pour jouer en concert et en bal.

Peux tu nous parler de ton rapport avec le piano, et les raisons qui ont motivé le choix de cet instrument ?

Tout est venu naturellement. Je ne me suis jamais posé de questions sur le choix de l’instrument. Je me suis installé au piano tout petit et puis j’ai avancé, comme on monte les marches d’un escalier. J’ai découvert différents styles de musique. Le fait de jouer pour la danse m’a donné une certaine liberté dans mon jeu, une fluidité, qui est sans doute plus corporelle. Je pense avoir appris beaucoup grâce à l’échange avec les danseurs.

Comment t’es venu l’idée d’un répertoire de danses trad, avec ton piano ?

Tout a commencé au festival des rencontres de luthiers et maîtres sonneurs du château d’Ars édition 2013. C’était la fin de mes études, (trop sérieuses) de classique, et les musiques trad que je jouais quand j’étais gamin commençaient à me manquer. Alors je me suis rendu à ce festival, par curiosité. Et là, ce fut le choc ! Ce fut une onde qui m’a beaucoup inspirée, par son ambiance si particulière, par la musique omniprésente. Quand je suis rentré chez moi, la première chose que j’ai faite, c’est de jouer au piano les airs que j’avais entendus au festival ! C’était une période où j’avais beaucoup de chose sur le cœur et les rythmes des danses m’ont servi de support pour composer des mélodies. Très vite, je me suis rendu compte que j’avais tout un set de bal folk sous les doigts. A la fin de la résidence à la Cité des Arts, j’avais près de quatre heures de musique pour piano.

Est-ce que tu joues d’autres instruments ?

Je me suis mis à l’accordéon diatonique. Je joue sur un beau Bertrand Gaillard trois rangs de la génération des années 90 (avec le soufflet blanc et le motif en losange), il a été beaucoup joué et les anches sont faites. Il sonne magnifiquement ! J’aime beaucoup le jeu des accordéonistes anglais. C’est un style qui me fascine par l’exploration des limites de l’instrument en gardant une couleur trad. On cherche les bourdons harmoniques, les relances rythmiques avec le soufflet, le poussé-tiré… J’essaie de jouer de cette manière mais là, c’est pour le plaisir uniquement ! Je n’ai malheureusement pas le temps de tout faire.

Tu as produit en février 2017, ton premier album Mirages, comment as tu travaillé pour la composition des titres, et comment s’est passé l’enregistrement ?

Les idées de morceaux me sont venues loin du piano. Elles partent d’émotions, de vécu. Une fois que cela se précise dans ma tête, je m’installe devant le clavier et je les joue et les arrange. J’ai eu donc beaucoup de matériel musical, autour d’une certaine couleur d’émotion. Ces morceaux, je les ai beaucoup joués, partout, en concert et bal, pendant deux ans. Je les ai laissés mûrir et se transformer, afin d’avoir un recul suffisant. Et puis, quand ils sont arrivés à maturité, j’ai voulu les enregistrer, pour garder une trace sonore. Le titre « Mirages » m’est venu par sa sonorité, que j’aimais particulièrement. Je me suis rendu compte qu’il exprimait au mieux la couleur de l’album, autour de la désillusion amoureuse. Le titre me faisait penser à l’eau, à l’élément aquatique du piano « des notes comme des gouttes de pluie ». Et puis il y avait cette assonance mirages=rivages… J’aime voir certains festivals de bal folk comme des îles, des refuges. Alors c’était décidé, j’allais enregistrer, il s’agissait de trouver le bon studio d’enregistrement. J’ai fait beaucoup de recherches ! Et puis, j’ai eu petit coup de cœur pour un beau studio boisé qui se trouve à Montreuil où se trouvait un magnifique piano Fazioli. C’était Thomas Vintrignier qui s’occupait du son. Pendant les sessions, la priorité était de trouver les moments d’inspiration. L’ambiance était détendue, quitte à prendre un café, bavarder un peu pour être vraiment disponibles et donner le meilleur du meilleur au moment d’enregistrer. Nous avons également travaillé méticuleusement sur le mixage pour trouver un son unique, capté au plus près des cordes, et qui possède une grande densité, ample et chaleureuse.

Comment pourrais tu définir ta musique ?

Elle est d’abord l’expression de ce que je ressens à un moment donné. Puis, elle se nourrit de différentes influences : classique, musique de film, jazz et trad, évidement. Et au final, ce n’est pas si facile de la mettre dans une case ou dans une autre. Ce n’est évidemment pas du trad, même si elle s’en inspire, et ce n’est pas du classique ! Alors qu’est ce que c’est ? Et bien c’est à vous d’écouter, de vous en faire votre propre idée. J’espère avoir pu exprimer quelque chose d’avant tout de personnel, et que cette musique soit reconnaissable.

Quand tu te produis en bal, c’est uniquement en piano solo ?

Pas uniquement ! Depuis ce début d’année, je joue avec un nouveau groupe de bal folk : "Boomerang". Il est composé du chanteur Vincent Thévenet (ex membre de "Prends garde au loup”), et de Jérémie Congréga (de Duo du Balcon.) et de moi-même. On joue une musique qui croise nos influences. Vincent, c’est du rythme traditionnel. Jérémie apporte la groove funk et rock. Nous venons de faire notre première date à Paris et nous nous produirons en Italie en décembre. Pour l’instant on s’amuse bien et c’est une nouvelle aventure qui ne fait que commencer ! J'accompagne également le violoniste Olivier Cherer en musique à danser Québécoise. Je joue également en duo avec mon père Laurent pour le "Duo Barray" autour de compositions pour la danse ou en spectacle autour des chansons maritimes de Normandie ou en spectacle sur les "voyages" de l’accordéon, C’est bien de se retrouver en famille pour faire de la musique. Il y a aussi une nouvelle formation le "Trio Valentin Barray" autour de mes compos qui va voir le jour. Mais je t’en parlerai plus une prochaine fois !

Quel album emporterais-tu avec toi, pour survivre sur une île déserte ?

’avoue que c’est très difficile pour moi de te répondre. J’écoute de la musique en permanence, et toute la journée. Donc avec un album, c’est sûr, je ne vais pas survivre !! Par contre, j’ai tendance à user les albums jusqu’à la corde, par intervalle de une ou deux semaines. Alors en ce moment j’écoute en boucle le dernier album « Mad Men Object » du groupe Gogo Penguin. La semaine prochaine, ce sera quelque chose d’autre.

Contact : https://www.valentinbarray.com/