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Des mondes de musiques

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Yvon Guilcher : Le tube

"On a tous dans l’cœur une fille en robe à broderies avec du khôl plein les yeux et qui sentait l’patchouli..."

 

 

 

Janvier 2012 Yvon Guilcher photo DR

Le 15 janvier 2012  à Paris à Montparnasse dans la salle de la mission Bretonne c'était déroulé une galette des rois spéciale …

Oui j’en vois venir certain « Whaou ! une réunion autour d’une galette = réunion du 3eme âge » … Et ben oui ! … Enfin non ! C’était simplement, grâce à Dominique Maroutian, une soirée du Bourdon, folk club mythique s'il en est … Mais 40 ans après sa création !!!!!

On aurait pu penser que ce rassemblement allait résonner de « ah ! C’était le bon temps » ou de « c’était bien mieux avant » et bien encore une fois non !

C’était presque une réunion du Bourdon comme si celle ci ne s’était jamais arrêtée. 

Notre ami Yvon Guilcher, un des historiques, -Je sais que le terme lui fera plaisir- avait concocté avec génie (pléonasme quand on parle d'Yvon Guilcher) une petite chanson. Une succulente adaptation de rockollection de Laurent Voulzy…

Une sorte de beau résumé de l'histoire de cet important mouvement musical aujourd'hui confidentiel aux oreilles de tous nos beaux médias nationnaux.

Je vous en livre le texte vous pourrez la chanter à volonté dans vos soirées préférées…

Et après réécouter vos classiques .

Bon le dernier couplet n'est plus d'actualité...Mais le Trad' bouge toujours.

 

« On a tous dans l’cœur une fille en robe à broderies

Avec du khôl plein les yeux et qui sentait l’patchouli

On a tous dans l’cœur des chevelus à l’air cool

Et qui tous les lundis au Bourdon venaient en foule

Et Funibus chantait… un truc qui m’colle encore au cœur et au corps

“Ils étaient trois p’tits frères en France qu’allaient à l’école à Paris”

 

J’bouffe au resto U, c’est là que j’pique les cuillères,

Elles rendent un meilleur son que l’argenterie d’chez ma mère

On fait des maquettes dans le studio chez Raspoute

Où le preneur de son entre deux prises se shoote

Et Maroutian chantait…

“Des concombres et des melons, des endives et des oignons,

Des oranges et des citrons, ‘pis des groseilles,

Des andouilles et du boudin, du tabac et du branDEVIN”

 

On fait des concerts qui ressemblent à des manifs,

On vient pour faire le bœuf, plutôt que pour gagner son beef

On joue du country, du bluegrass et du cajun,

Ceux qui chantent en français passent encore pour des peigne-train

Et Gérard Dôle chantait…

Tu peux cogner mais tu peux pas rentrer

Si tit’ fille-là elle a sa port’ fermée

Pauvre vieux nég’ toi qui es gone back sans la clé,

Tu peux cogner, mais tu peux pas rentrer”

 

Au lend’main de Verdun chacun compte sur ses doigts

Les poilus qui y étaient et les bleus qui y étaient pas

Aux boîtes de disques, à la Sacem, aux médias

Ces récupérateurs, on f’ra bouffer leurs contrats

Et John(e) Wright chantait…

“Revenant de Paris, j’ai passé par Boston

Sur mon chemin rencontre une javelle de blé,

Oh ! Venez voir, mesdames, ce que j’ai trouvé”

 

À Pons, mecs et nanas s’lavent à poil dans la rivière,

Derrière des chiottes en planche, on voit pointer des derrières

Au fond d’leur duvet, après les frites, les merguez

Les uns suivent le concert, les autres pioncent ou bien baisent

Et Mélusine chantait…

“Fillettes de Champagne, gardez bien vos maisons,

Car voici les gens d’armes, verduron verduronette

Qui vous emmèneront, verdurette, verduron”

 

Pour aller au bal on n’a pas besoin d’argent,

On entre à l’œil, pourvu qu’on trimballe un instrument

On joue pour des mecs et des nanas qui s’trémoussent

Et quand c’est une bourrée, on s’sent un peu montreur d’ours

Et les Toussaint chantaient

“En avant blonde, t’as le cœur tendre

Tu vas m’apprendre à bien danser”

 

Ceux qui savent pas jouer s’en vont dans les ateliers

Qu’on trouve dans les clubs folk et dans les stages de l’été

Ils y piquent les plans de trois ou quatre gugusses

Qui pour être instructeurs n’en savent pas beaucoup plus

Et la Bamboche chantait…

“Enfin Cartouche est pris avec que sa maîtresse

On dit qu’il s’est enfui, par un tour de souplesse (…)

Il fut exécuté un vendredi”

 

On fait du collectage auprès des vieux paysans

Dans madame Louise Reichert chacun retrouve sa maman

On part dans les Cévennes pour retaper des burons,

On s’tape aussi les chèvres, dans différentes positions

Et Malicorne chantait…

“Toute seule avec ses chèvres, toute seule avec ses chèvres, toute seule avec ses chèvres…”

 

Y’a des purs et durs qui veulent jouer acoustique,

Y’a des moins purs, moins durs, qui veulent jouer électrique,

Y’en a des qui rêvent de passer à l’Olympia

Et d’obtenir au moins trois “F“ dans Télérama

Et les Perlimpinpin chantaient, je m’en souviens…

“Jean de la Reole, lou moun amic, qu’es la ton heumne mao couhade”

 

Que sont devenus tous les folkeux d’autrefois ?

Ils sont tous ethnologues, passent DE et CA

Y’a plus d’folk nulle part, mais y’ a du trad’ à tout-va,

Pour danser la bourrée, faudra un Diplôme d’État

La droite est de retour ! Y’a des Celtes à tous les carrefours

Sur l’air de Monsieur l’curé n’veut pas :

Chirac ne voulait pas écouter notre musique

Mais il défendait pas qu’ses copains en touchant les droits

P’tit Nicolas veut bien d’la musique traditionnelle

À condition du moins qu’on n’paie pas les musiciens

Le tradeux périclite

Son statut se délite

Son avenir

Est fait de souvenirs

Par devant, on l’adule

Par derrière, on l’en…fonce

L’“f“ vole bas

Dans Télérama

Sur l’air de Ils ont des chapeaux ronds :

Notre seule consolation,

C’est Trad Magazine

Gardien d’l’évolution

De la tradition

(vivante !) »

Yvon Guilcher 

 

Cliquez sur la video ci-dessus et reprenez en choeur !!!!