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Des mondes de musiques

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Jean-Luc Thomas Quartet

Sillons

François Saddi

Pour ce tout nouvel opus, le flûtiste du Trégor nous convie à une passionnante aventure toute jazzistique au sein de laquelle sont solidement ancrées les traditions d’ici et là. 

Voilà plus de 30 ans que le Breton Jean-Luc Thomas arpente les chemins du Monde avec ses flûtes. Multipliant les rencontres avec divers artistes autour des musiques traditionnelles et de l’improvisation il réalise sous son nom, ou participe à, de multiples projets avec, ici en Bretagne Yvon Riou, Gab Faure, David "Hopi" Hopkins, Dominique Molard, Jacques Pellen, Erwan Burban, Pierrick Tardivel, Philippe Gloaguen, Annie Ebrel, Patrick Ewenn, Gérard Delahaye … et ailleurs, Carlos Malta, Vitor Lopes, Ravishandra Kulur, Yacouba Moumouni, Boubakar Souleymane, Denis Péan… et puis aussi Lydia Domancich, Bojan Zulfikarpasic, Michel Godard… ainsi que le théâtre équestre Zingaro.

A l’issue de ce cheminement particulièrement riche et varié de rencontres et d’expérimentations dans lequel l’altérité se conjugue avec l’humanité, il crée sous son nom dès 2021 cette formule en Quartet.

Pour le 1er album de cette nouvelle formation, il réunit autour de ses compositions et de ses flûtes 3 jeunes musiciens venant d’horizons divers, Simon Le Doaré (contrebasse), Timothée Le Net (accordéon diatonique) et Hugo Pottin (batterie, voix konnakol), ainsi que 3 invitées de marque : Catherine Delaunay (clarinette), Marie-Suzanne de Loye (viole de gambe) et Line Willerval (gadulka).

Dès l’ouverture du 1er titre, "Takamba Yacouba", le ton de l’album est donné, une contrebasse préparée déguisée en guembri introduit un groove redoutable sur lequel la flûte virevolte relayée par des alternances voix chantée dans la flûte et flûte (façon "flûte pygmée") et des jaillissements flûtistiques éclatants, magnifiques références au jeu de Yacouba Moumouni avec lequel il a souvent joué (Serendou, Mamar Kassey). Le titre suivant, "Mougou Boubakar" prolonge ce détour africain par une balade en chameau (mmh la walking basse) sur un rythme inexorable et posé, référence cette fois-ci au 3ème compère de Serendou, le percussionniste  et chanteur Boubakar Souleymane.

Les 2 titres suivants nous ramènent en Bretagne, que ce soit "Léa 2" clin d’œil au groupe Flûte 4 monté au début des années 2000 avec S. Morvan, JM. Pétri et JM. Veillon, ou "Kaz a Barh", la danse et la transe. Les 2 titres d’après quant à eux nous transportent en Inde : "Portbandar" ouvert à la flûte bansuri sur un tapis de cordes frottées façon tampura et "Hyderabad" qui est introduit par des jeux de rythme à la voix (konnakol).

On partira ensuite au Brésil avec "Maracatu PR", titre dans lequel flûte et clarinette s’en donnent à cœur joie puis retour en Bretagne avec un dernier morceau, "KJ" (Kenavo Jacques), hommage au guitariste et compositeur Brestois Jacques Pellen, somptueux morceau tout en retenue et intériorité. C’est donc un superbe album que je vous invite à découvrir sans tarder en attendant le prochain concert du quartet… et leur prochain disque !    

 https://www.jeanlucthomas.com/