Nouvelle vieille musique
Philippe Krümm
L’art de faire de l’ancien avec du neuf !
Iconique, mythique, légendaire...De nos jours les chroniqueurs divers et variés, sur tous les médias, papier (oui ! ça existe toujours et heureusement...), radio, télé et évidement internet n’hésitent plus à souffler avec intensité des superlatifs… à chaque chronique les qualificatifs les plus ronflant tournent en rond et au ridicule...
L’art de faire de l’ancien avec du neuf !
Iconique, mythique, légendaire...De nos jours les chroniqueurs divers et variés, sur tous les médias, papier (oui ! ça existe toujours et heureusement...), radio, télé et évidement internet n’hésitent plus à souffler avec intensité des superlatifs… à chaque chronique les qualificatifs les plus ronflant tournent en rond et au ridicule...
Ridicule et triste ! Comme l’emploi de « machines » diverses dans la production des albums avec entre autres la star : l’auto-tune. Quand une mode est là impossible de ne pas s’engouffrer dedans. Pour illustrer musicalement mon propos parlons d’un artiste, au milieu de ce raz de marée, aujourd’hui « iconique ». Son rapport à l’auto-tune est parfait :
« Zéro auto-tune, une justesse parfaite, un vibrato maîtrisé, des ornements sublimes, et une voix ultra agile. Franchement, il prouve ici qu'il a une technique vocale solide et un vrai sens de la musicalité, Alors non, Gims n'est pas “juste un rappeur auto-tuné”, c'est un vrai interprète. » Ah ! les fans téléguidés.
A vous de juger, mais cela m’a fait sourire et aussi m’inquiéter en voyant la puissance de feu des riches « artistes » principalement dans le Rap, qui ont tout compris des réseaux sociaux, et qui grâce à des moyens financiers grassouillets, les maitrisent à merveille, pouvant ainsi affirmer le contraire de la réalité avec calme et volupté.
On peut ainsi lire une intervention du Monsieur en question : « Je n'ai pas besoin de l'auto-tune. L'auto-tune est un instrument, aujourd'hui on l'utilise comme un instrument. Je l'utilise en mode full auto-tune justement, je ne l'utilise pas en correcteur. Ceux qui galèrent à chanter vont l'utiliser comme un correcteur pour vraiment donner l'effet de chanter bien »
Amusant non ? Mon propos n’étant pas de jeter la pierre sur qui que ce soit, ni de parler de justesse – il n’y a pas encore si longtemps les chanteurs et chanteuses et même certains musiciens avaient recourt à des doublures vocales et musicales en chair et en os – Alors, à part dire qu’avant on faisait travailler des musiciens pas des machines ...Mon propos est de regarder avec tristesse et fascination l’arrivée de l’électronique pour remplacer l’humain. Aujourd’hui on va jusqu’à l’abandon de la formidable machine située dans notre boite crânienne pour générer « des compositions musicales » grâce l’IA générative, l’autre épidémie dont on n’échappera pas. Il est vrai que de plus en plus d’enregistrements contemporains sont créé à l’aide des machines avec leurs « cerveaux formatés » .
Les musiques « œuvres » d’une IA générative (1) envahissent les plateformes et les dépôts de nouvelles musiques chez notre « SACEM préférée » sans que cela semble poser de problèmes, du moment que l’auteur compositeur est maitre du prompt...Ah ! ces nouveaux mots vides de tout humanité mais tellement pratiques, montrant que l’on est moderne et toujours créatif...
« Il faut être de son temps ! Ne soit pas ringard ! » Et bien si justement j’ai envie de l’être et le revendiquer, je dirais que c’est nécessaire, vital ...si ! si ! j’irais jusque-là.
Comme de nouveaux mots voient le jour au fur et à mesure que la technique progresse et dieu sait (le sait-il vraiment) que ça va vite et que l’on est qu’au début. Je vais maintenant de plus en plus souvent parler d’«acousticide ». Je défends les oreilles, les miennes, les vôtres et surtout celles de nos enfants : la beauté des sons des instruments de musique, le travail des luthiers l’apprentissage et la technique des musiciens, tous habitants de notre petite planète bleue bien malade... Même de ses musiques !!
Puh ! Quelle intro ! j’ai eu envie de me défouler mais J’en viens au disque qui m’a lancé sur ces pistes musicales fondamentales mais certainement utopiques.
La rondelle en question nous vient du Québec : « Nouvelle vieille musique » de Jean-François Bélanger, 13 plages, 18 morceaux où interviennent 75 musiciens !!!!
Avec entre autres les groupes : De Temps antan, Les Mercenaires du terroir, la Fanfare Monfarleau, les Chauffeurs à pieds, les Camarades de chantier, Éritage, Genticorum, É.T.É, Artiq Session et les frères Brunet, Robert Legault, Sabin Jacques, Rachel Aucoin, Sophie Lavoie, Fiachra O’Regan, Lisa Orstein, André Marchand...Un véritable festival.
Une production hollywoodienne ?... Non, Québécoise.

Jean-François Bélanger - Photo : P.K.
Déjà dans Nouvelle vieille musique Jean-François Bélanger est plus que compositeur il est multi-instrumentiste : mandoline, guitare, violon (avec différents accordages) concertina, violon baryton, banjo, bouzouki, glockenspiel, et non sans humour : t’rung, règle d’écolier, vibraslap et jouets...
Que dit J.F. Bélanger de ses titres : « Je compose de la musique depuis plus de trente ans. Le projet d’une série d’enregistrements regroupant mes inventions « québécoises » est en élaboration depuis plus d’une décennie. La création d’un nouveau répertoire faisant honneur aux styles du Québec implique une certaine différenciation avec le « trad » québécois tenant actuellement le haut du pavé... ». Nous ne débattrons pas ici sur : « la musique québécoise est-elle trad ? »
Dans ses précédents albums on pouvait l’entendre avec un instrument qui envahit justement les musiques trad du monde : le nyckelharpa, qu’il joue de manière virtuose, mais là, dans Nouvelle vieille musique il est principalement au violon. Ce disque est un hommage à l’histoire de la musique populaire québécoise. Passionné de longue date par les musiques de son pays, son premier album est sorti il y a plus de trente ans !
Alors voilà le résultat de sa vie de musicien à l’écoute des grands anciens tels : Joseph Bouchard, Mary Travers, Louis Boudreault, Thomas Pomerleau, Jules Verret, Philippe Bruneau... Et au contact du répertoire métissé (écossaise, irlandaise, française...) qui constitue la musique québécoise. On passe d’un brandy à une grondeuse, d’une galope à un Brandy et à un Reel...
Si vous vous dites en écoutant cet album « Tiens un air traditionnel que je ne connais pas ! » vous ne pourrez que rendre le compositeur producteur, musicien, heureux ...
Il devrait y avoir une suite à ses « inventions québécoises » ... Jean-François Bélanger mitonne une trilogie. Son souhait : que ses compositions se fondent dans la riche histoire musicale de la belle province... En réécoutant cet album je me dis que le pari est gagné !
Nouvelle vieille musique – Jean-François Bélanger - Les productions de l’Homme-Renard
1/ Osons : Définition de l’IA générative générée par chatGPT:
« L’intelligence artificielle générative (ou IA générative) désigne un type d’intelligence artificielle capable de créer du contenu original à partir de données existantes. Elle peut produire du texte, des images, de la musique, du code, des vidéos et bien d’autres formes de contenu, en apprenant à partir de vastes ensembles de données.
Son principe repose sur des modèles d’apprentissage profond qui génèrent de nouvelles informations ressemblant à ce qu’ils ont appris, tout en étant inédites. Souhaites-tu que je formule cette définition de manière plus simple, technique, ou adaptée à un niveau scolaire ? ».



